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Football

Coupe du Monde 2026 - Trump offre une bouée de sauvetage à l'Italie

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Un responsable américain confirme vouloir remplacer l'Iran par l'Italie au Mondial 2026. Une aubaine politique pour les Azzurri, deux fois éliminés en qualifications.

Coupe du Monde 2026 - Trump offre une bouée de sauvetage à l'Italie

Deux fois de suite. L'Italie, quadruple championne du monde, a raté la qualification pour la Coupe du Monde en 2018 puis en 2022 — une humiliation répétée qui a ébranlé jusqu'aux fondations du football transalpin. Et voilà que, pour l'édition 2026, le scénario cauchemardesque semble se reproduire, la Squadra Azzurra ayant une nouvelle fois trébuché dans les qualifications. Sauf que cette fois, un coup de théâtre venu de Washington pourrait réécrire le scénario. Un membre de l'administration Trump a officiellement exprimé sa volonté de remplacer l'Iran par l'Italie dans la liste des participants au prochain Mondial, organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique. À l'intersection du sport et de la géopolitique, rarement la frontière n'aura semblé aussi poreuse.

Quand la Maison-Blanche s'invite dans les vestiaires de la FIFA

La scène est pour le moins inédite dans l'histoire du football mondial. Un gouvernement hôte qui tente de modifier la liste des participants à une Coupe du Monde en cours de qualification — non pas pour des raisons sportives, mais pour des motifs clairement politiques. L'Iran, qualifié selon les critères sportifs habituels de la FIFA, se retrouve dans le viseur de Washington en raison des tensions diplomatiques persistantes entre les deux pays. Le raisonnement américain est à peine voilé : organiser une compétition planétaire sur son sol tout en accueillant une délégation iranienne constitue, aux yeux de certains membres de l'administration Trump, une contradiction politique inacceptable.

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La proposition — aussi surprenante qu'elle soit — trouve un écho immédiat en Italie, où la fédération et les supporters regardent depuis deux cycles complets leur équipe nationale regarder le Mondial à la télévision. Depuis 1958, l'Italie n'avait jamais manqué deux Coupes du Monde consécutives avant ce funeste doublé de 2018 et 2022. Rater une troisième édition de suite constituerait un traumatisme d'une ampleur inédite pour l'un des pays fondateurs du football européen.

Mais la FIFA, gardienne jalouse de ses prérogatives, n'entend pas laisser un gouvernement, fût-il celui du pays organisateur, réécrire ses règles de qualification à sa guise. L'instance zurichoise a rappelé avec fermeté que seule elle détient le pouvoir d'accorder ou de retirer une place dans la compétition, et que les critères sont exclusivement sportifs. Gianni Infantino, le président de la FIFA, entretient pourtant une relation particulièrement proche avec Donald Trump — les deux hommes ont été photographiés ensemble à plusieurs reprises depuis le retour du républicain à la Maison-Blanche — ce qui rend l'issue de ce bras de fer institutionnel d'autant plus difficile à anticiper.

Les Azzurri, otages d'une crise structurelle qui dépasse le coup de chance

Derrière la promesse alléchante d'une invitation diplomatique se cache une réalité footballistique que l'Italie ne peut indéfiniment fuir. La Fédération italienne de football (FIGC) traverse depuis plusieurs années une crise profonde de ses structures de formation, une raréfaction des talents capables d'incarner le renouveau d'une équipe nationale qui a longtemps fait figure de modèle tactique mondial. Le problème n'est pas conjoncturel — un entraîneur raté, un match perdu sur un penalty malheureux. Il est systémique.

La Serie A, autrefois le championnat le plus regardé de la planète, accueille aujourd'hui moins de 43 % de joueurs italiens dans ses effectifs, contre plus de 60 % au début des années 2000. Cette dépendance croissante aux importations de talent étranger, si elle enrichit le spectacle du championnat domestique, prive la sélection nationale d'un vivier suffisamment dense pour alimenter les cycles de qualification. Les centres de formation italiens, longtemps enviés pour leur rigueur tactique, peinent à produire la nouvelle génération capable de succéder aux Totti, Del Piero, Buffon ou Pirlo.

Luciano Spalletti, sélectionneur depuis 2023, a tenté de reconstruire un collectif cohérent après l'échec cuisant de Roberto Mancini — parti précipitamment vers l'Arabie Saoudite pour des raisons financières, laissant l'équipe dans un état de désorganisation avancé. Mais les résultats restent insuffisants pour franchir les tours de qualification dans un groupe européen sans pitié. Être repêché par un décret politique américain n'effacerait rien de ces lacunes structurelles ; au mieux, cela offrirait un sursis.

Un précédent qui pourrait changer la nature même des Coupes du Monde

Au-delà du cas italien, c'est la question de principe qui mérite d'être posée avec toute la gravité qu'elle impose. Si les États-Unis parviennent à imposer un changement de participant pour des raisons géopolitiques, ils ouvrent une boîte de Pandore dont les effets pourraient déstabiliser durablement le modèle de gouvernance du football mondial. Demain, un autre pays organisateur pourrait invoquer le même précédent pour exclure une nation rivale, ou en inviter une autre, au gré des alliances diplomatiques du moment.

La FIFA, dont le modèle économique repose précisément sur son image de neutralité politique — un principe hérité de l'idéal olympique —, ne peut se permettre de céder sans entamer sa crédibilité de manière irréversible. La Coupe du Monde 2026 représente à elle seule un marché estimé à plus de 11 milliards de dollars de retombées économiques pour les pays hôtes, et les droits télévisés ont été vendus dans 200 pays sur la base d'une compétition à 48 équipes déterminées selon des règles sportives précises. Modifier cette liste sous pression politique exposerait la FIFA à des recours juridiques considérables.

Pour l'Italie, l'issue de cette affaire reste suspendue à des négociations dont elle n'est pas maîtresse. Participer à un Mondial par la grâce d'une manœuvre diplomatique américaine serait une victoire amère, accueillie avec autant de soulagement que de honte dans les cercles du football italien. Ce qui est certain, c'est que ce feuilleton, aussi rocambolesque soit-il, agit comme un révélateur brutal de l'état d'une institution footballistique qui a besoin de réformes profondes bien plus que d'invitations de complaisance. Le Mondial 2030, lui, se chargera de rendre son verdict sans passe-droit.

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