À Seattle, Romelu Lukaku a inscrit le but décisif permettant aux Diables Rouges de Rudi Garcia de remporter leur première rencontre du Mondial 2026 face à une Égypte coriace.
Romelu Lukaku a frappé juste quand il le fallait. Sur la pelouse du Lumen Field de Seattle, le buteur belge a porté le coup décisif face à l'Égypte lors de cette première journée du groupe G de la Coupe du Monde 2026. Une victoire précieuse pour les Diables Rouges de Rudi Garcia, qui se présentaient avec un effectif chamboulé par le temps et les blessures, loin de celui qui avait illuminé les précédentes compétitions internationales.
L'attaquant milanais fait le job quand le jeu s'enlise
Pendant près d'une heure, le match s'était déroulé dans une relative stagnation. La Belgique contrôlait la possession, l'Égypte défendait avec organisation et déterminisme. Rien de flamboyant, aucune débauche de football d'exception — juste l'ordinaire d'un match de poule où les enjeux restent encore brumeux. C'est alors que Lukaku a fait ce qu'il fait le mieux : occuper l'espace, pressentir l'occasion et frapper au bon moment. Son réalisme, loin des applaudissements du Ritz, a sauvé les siens du piège égyptien.
L'avant-centre de l'Inter Milan aura dû attendre cet acte final pour vraiment peser sur la rencontre. En première période, il s'était montré discret, pris en étau par une défense égyptienne qui n'avait rien à perdre et tout à prouver. Mais à ce niveau de compétition, l'expérience compte. Lukaku la possède. Après un long isolement international, revenir marquer sur une Coupe du Monde reste une déclaration d'intention claire pour le reste du tournoi. Sur 38 tirs tentés par les deux équipes avant son intervention, c'est lui qui aura tranché. C'est cela, l'efficacité d'un grand attaquant.
Garcia doit composer avec une Belgique vieillie et décimée
L'arrivée de Rudi Garcia sur le banc belge semblait censée apporter une stabilité nouvelle après des années de turbulences. Sauf qu'il hérite d'une génération dorée passée de mode. Eden Hazard a raccroché, De Bruyne entre dans sa période crépusculaire, Kompany et Vertonghen ne sont plus de ce monde au haut niveau. Cette affiche face à l'Égypte le rappelait cruellement : la Belgique doit se réinventer, et cela ne se fera pas en trois semaines.
Garcia s'était présenté à Seattle avec un onze de transition, du reciclage plutôt que de la révolution. Verlaine aurait dit que la transition, c'est la nuance. Sauf que le football international ne pardonne pas les nuances. Ce n'est pas un hasard si les Égyptiens, de leur côté, n'ont rien lâché pendant 70 minutes. Le sélectionneur égyptien savait que les Belges ne viendraient pas les écraser. Il fallait exploiter cette faille générationnelle, ce trou d'air qui s'était creusé entre les anciens champions et les nouveaux venus. La défaite ne fut évitée que par la détermination de Lukaku — une détermination qui ne suffit pas à tous les étages.
Le groupe G, rappelons-le, accueille aussi des sélections costauds. Cette victoire étriquée ne garantit rien. Sur les trois premiers matches de la phase de groupes, obtenir trois points sans exploser un adversaire relève déjà de l'accomplissement pour une équipe nationale en reconstruction. Mais c'est aussi le signe que Garcia ne peut pas se permettre de relâcher. Chaque point sera vital.
Un succès fragile qui cache les vraies questions
À 5 000 kilomètres de Bruxelles, sous une pluie Seattle typique, les Diables Rouges ont pris ce qu'il fallait : trois points. Pas plus. Certainement pas le spectacle attendu des héritiers de la génération Hazard-De Bruyne. Les 32 840 spectateurs présents au Lumen Field ont vu du football pragmatique, sans relief, mais du football de Coupe du Monde — celui où les erreurs coûtent cher et où la patience s'impose.
Pour Garcia, ce succès face à l'Égypte est surtout un sursis. Le diagnostic reste le même : une attaque trop dépendante de Lukaku, un milieu qui manque de créativité, une défense qui nécessite une vraie cohésion. L'Égypte, malgré sa défaite, a montré qu'elle pouvait embêter n'importe qui avec une bonne organisation tactique. Si la Belgique joue au même niveau dans ses deux prochains matches, elle risque d'accumuler les sueurs froides.
Le vrai bilan de cette première journée pour les Diables Rouges n'est donc pas celui du buteur salvateur, même si Lukaku le mérite. C'est celui d'une équipe qui sait encore gagner les matchs sans être flamboyante. En Coupe du Monde, c'est déjà quelque chose. Mais pour aspirer à plus qu'une élimination précoce, Garcia devra rapidement trouver comment transformer cette pragmatisme en véritable domination. Le temps, pour lui aussi, commence à compter.