Le Parisien brille d'entrée en Coupe du Monde 2026 : la Corée du Sud expédie la République Tchéque et se lance rêveuse dans la compétition.
Il y a des débuts qui sentent la destinée. Celui de Lee Kang-in en tant que véritable moteur de la Corée du Sud, c'est exactement ça : pas une simple apparition, mais une déclaration d'intention. Le Parisien n'a pas traîné pour rappeler à qui voulait l'écouter que le football sud-coréen avait enfin un orchestrateur à la hauteur de ses ambitions. Face à une République Tchèque censément coriace, les Asiatiques ont imposé leur domination avec une aisance qui change des débuts laborieux habituels en Coupe du Monde.
Quand Paris change le visage du football coréen
Depuis qu'il a signé au Paris Saint-Germain, on se demandait comment Kang-in Lee allumerait la sélection nationale. Mercredi soir — enfin, du point de vue de la plupart du monde — la réponse est venue d'elle-même. Le meneur de jeu parisien a orchestré le match avec une vision de jeu qui n'était pas du tout au rendez-vous lors des précédents tournois qualificatifs. Pas de calculs excessifs, pas de crainte révérencielle face à un adversaire européen. Juste du football sec, direct, assumé.
C'est d'ailleurs révélateur de voir comment la Corée du Sud a martyrisé le milieu tchèque durant les 45 premières minutes. Les hommes de Hong Myung-bo ont compris qu'avec Lee aux commandes, il n'y avait plus besoin de cette frilosité qui caractérisait les équipes coréennes d'avant. La pression haute, l'agressivité dans la récupération, la circulation rapide du ballon — tout cela, c'était du Lee Kang-in. Vous savez, ce type de joueur qui transforme un collectif en lui donnant une colonne vertébrale.
Mais voilà : avoir un talent, ce n'est qu'une moitié du travail. Encore faut-il que l'environnement soit prêt à le recevoir. La Corée du Sud semble avoir compris que la compétition mondiale demande une autre exigence que celle des qualifications. Les passes de Lee ont trouvé régulièrement leurs cibles, qui ont su les exploiter — ou presque. Parce qu'en football, une victoire nette, c'est aussi une question d'efficacité offensive, et les Sud-Coréens en ont eu à revendre.
Une Tchéquie orpheline face à l'assaut coréen
La République Tchèque n'a rien d'une équipe moribonde sur le papier. Elle compte des joueurs habitués à la Ligue des Champions, des structures défensives respectables, des schémas tactiques éprouvés. Sauf que mercredi, elle s'est retrouvée submergée par une dynamique qui partait de tous les côtés à la fois. La Corée du Sud a marqué au moins deux fois, et aurait pu faire le triple sans les faiblesses de finition qui, c'est vrai, rappellent que même les meilleures sélections asiatiques ne sont pas encore des machines à buts.
Ce qui interroge, c'est l'incapacité des Tchèques à proposer un vrai contre-feu. Habituellement solides en défense, ils se sont laissé dissoudre par le pressing coréen. Leurs transitions offensives, censées être une force, n'ont jamais vraiment trouvé le rythme nécessaire pour inquiéter sérieusement. Peut-être que face à la première journée, avec toutes les émotions qui l'accompagnent, la Tchéquie n'a pas su gérer la pression du moment. Mais ça n'excuse rien : c'est Coupe du Monde, pas amical de préparation.
Lee Kang-in, enfin le chef dont l'Asie rêvait
Pendant des années, les observateurs se sont demandé si la Corée du Sud trouverait jamais ce numéro 10 capable de faire la différence contre les géantes mondiales. Pas un buteur professionnel — il en existe d'autres — mais un créateur, quelqu'un qui impose le rythme et change la complexion du match par sa seule présence. Lee a signé son arrivée à Paris comme une forme d'aboutissement, une reconnaissance que son talent était prêt pour l'étape supérieure.
Mercredi, il a validé ce choix dès les premières secondes. Ses appels de balle, son positionnement dans le bloc offensif, sa capacité à lire l'espace une demi-seconde avant les autres — c'est ça qui fait un meneur de jeu de classe internationale. Et le plus intéressant, c'est que ce n'était pas un match d'exhibition face à une équipe sans défense. C'était une vraie première journée de Coupe du Monde, avec les enjeux que cela porte.
Hong Myung-bo a eu le bon réflexe en lui donnant carte blanche. Pas de surveillance excessive, pas de rôle limité pour le préserver. Juste : vas-y, fais ton truc. Et Lee l'a fait, avec cette sérénité qui caractérise les vrais joueurs de haut niveau quand ils se sentent attendus.
Désormais, la Corée du Sud a un vrai argument pour rêver d'une qualification en huitièmes. Ce premier succès, aussi net soit-il, n'est que le début d'une histoire. Mais quel début prometteur. Pendant ce temps, la Tchéquie doit rapidement redémarrer, car dans un groupe où chaque point compte, cette première débâcle restera longtemps en travers de la gorge. Lee Kang-in, lui, vient d'annoncer qu'il était là pour transformer la Corée du Sud en véritable prétendant.