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Football

Buffon lève enfin le voile sur le coup de tête de Zidane en 2006

Par Thomas Durand··6 min de lecture·Source: Footmercato

Près de vingt ans après la finale du Mondial 2006, Gianluigi Buffon révèle ce qu'il savait vraiment sur l'incident Zidane-Materazzi. Une confession qui relance le mythe.

Buffon lève enfin le voile sur le coup de tête de Zidane en 2006

Dix-neuf ans. Il aura fallu dix-neuf ans à Gianluigi Buffon pour parler vraiment. Pas pour esquiver, pas pour noyer le poisson dans une réponse diplomatique de vestiaire — mais pour dire ce qu'il sait, ce qu'il a vu, ce qu'il a ressenti ce soir-là à Berlin. Le 9 juillet 2006, au Stade Olympique, la finale de la Coupe du monde entre la France et l'Italie bascule en une fraction de seconde. Zinédine Zidane, à dix minutes de la fin des prolongations, plante son front dans le sternum de Marco Materazzi. Un geste d'une violence froide, absurde, sublime dans son absurdité. Le carton rouge tombe. La légende se fissure. Et pendant toutes ces années, on s'est demandé ce que le gardien italien pensait vraiment de ce moment-là. On a désormais une réponse.

Le gardien, témoin silencieux d'une scène qui a arrêté le monde

Buffon était là. Évidemment. À cinquante mètres de l'action, derrière ses buts, il voit la scène sans vraiment la comprendre sur l'instant. Dans ses récentes déclarations, l'ancien portier de la Juventus et de l'équipe nationale italienne confesse qu'il n'a pas immédiatement saisi la gravité de ce qui venait de se passer. La tension d'une finale de Coupe du monde déforme la perception. On joue, on transpire, on gère l'adrénaline. Mais très vite, la réaction des joueurs autour lui indique que quelque chose d'irréversible vient de se produire.

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Ce que Buffon révèle, c'est l'état d'esprit qui régnait dans le camp italien à cet instant précis. Pas de jubilation. Pas de cynisme de vainqueur qui profite d'une expulsion providentielle. Plutôt une forme de stupeur mêlée d'incompréhension. Parce que Zinédine Zidane, même à 34 ans, même en fin de course physique, restait le joueur le plus dangereux sur le terrain. Le perdre sur carton rouge était autant une aubaine qu'un choc esthétique. On venait d'assister à quelque chose d'unique — et tout le monde le savait, dans les deux camps.

Buffon n'a pas non plus épargné son coéquipier Marco Materazzi dans cette confession tardive. Sans accabler l'ancien défenseur de l'Inter Milan, il reconnaît que la provocation était réelle, que les mots échangés ce soir-là n'étaient pas anodins. On ne fait pas sortir Zinédine Zidane de ses gonds avec des banalités. Le destin de la finale — que l'Italie remportera aux tirs au but, 5 tirs au but à 3, après un score nul de 1-1 — s'est joué sur cette interaction entre deux hommes, dans le fracas d'un stade de 69 000 personnes.

Materazzi, Zidane, et la mythologie d'une finale maudite

Revenons sur ce que cette scène représente dans l'histoire du football mondial. Le coup de tête de Zinédine Zidane sur Marco Materazzi n'est pas seulement un fait de jeu. C'est une image totémique, l'une des plus photographiées, des plus commentées, des plus analysées de l'histoire du sport du XXe et du début du XXIe siècle. Des livres lui ont été consacrés. Des films, des œuvres d'art. La sculpture de l'artiste algérien Adel Abdessemed, représentant la scène en bronze, a été exposée à Paris et à Doha. On ne fait pas ça avec n'importe quelle expulsion.

Pourquoi cette fascination dure-t-elle ? Parce que Zidane était en train de jouer son dernier match de football professionnel. Parce que c'était une finale de Coupe du monde. Parce que la France menait au score grâce à un penalty transformé d'une panenka d'une décontraction presque offensive — un penalty que Buffon avait failli arrêter, la balle touchant la barre transversale avant de rentrer. Et parce que, malgré tout ça, Zidane a choisi la violence sur Materazzi plutôt que la gloire ultime. Nul ne l'a jamais vraiment compris. Lui-même, dans ses explications postérieures, n'a jamais totalement convaincu.

Marco Materazzi a finalement reconnu avoir insulté la sœur de Zidane. Une provocation d'une banalité presque décevante au regard du symbole qu'elle a engendré. Mais c'est précisément cela qui trouble : un footballeur au sommet de son art, capitaine d'une équipe de France finaliste, préférant l'honneur à la victoire collective. Romantic ou irresponsable ? Le débat n'est pas tranché. Il ne le sera jamais vraiment.

Buffon en 2025, ou l'âge des confessions calculées

Pourquoi Buffon parle-t-il maintenant ? La question mérite d'être posée. À 47 ans, l'Italien a raccroché les gants depuis 2023 après une carrière d'une longévité exceptionnelle — il a disputé plus de 1 000 matchs professionnels au cours de sa vie de joueur. Il n'a plus rien à protéger, plus de vestiaire à ménager, plus de coéquipier à ne pas froisser. La retraite sportive libère la parole. On l'a vu avec d'autres grands noms du football mondial ces dernières années.

Mais il y a aussi quelque chose de plus profond dans cette démarche. Buffon a toujours été un gardien littéraire, au sens où il pense son rapport au football en termes de narration, de sens, de mémoire. Il ne parle pas pour remplir un programme télévisé. Quand il revient sur la finale de 2006, c'est parce que cet événement fait partie de son identité, au même titre que ses sept titres de Serie A ou ses exploits en Ligue des champions. Il était là. Il a gagné cette Coupe du monde. Et il assume désormais de raconter comment.

Ce qui reste fascinant, dans cette confession tardive, c'est la lumière qu'elle projette rétrospectivement sur une victoire italienne dont on a souvent dit qu'elle était entachée. La Squadra Azzurra de 2006, championne du monde à Berlin sous les ordres de Marcello Lippi, souffrait déjà du scandale du Calciopoli qui avait éclaboussé la Juventus et d'autres grands clubs italiens quelques semaines plus tôt. Une victoire dans ce contexte, face à une France portée par Zidane en état de grâce, valait bien plus qu'un simple trophée. Elle était une réhabilitation. Buffon le sait mieux que quiconque.

Alors que le Mondial 2026, co-organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique, approche à grands pas, cette plongée dans les archives de 2006 rappelle une vérité simple : les grandes finales ne meurent jamais vraiment. Elles se réinventent, se racontent, se reconfigurent à mesure que ceux qui les ont vécues acceptent d'en livrer les coulisses. Buffon vient de rouvrir un dossier que beaucoup croyaient classé. Peut-être que d'autres voix italiennes de cette génération dorée finiront par prendre la parole à leur tour.

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