Immobile, Coppola, Koleosho — trois recrues venues d'Italie ont transformé le Paris FC en club de maintien crédible. Le mercato hivernal version Serie A.
« Aujourd'hui, plus d'Italiens jouent à Paris qu'à la Juventus. » La blague circule dans les couloirs du stade Charléty depuis quelques semaines, et elle n'est pas totalement fausse. En l'espace d'un mercato hivernal, le Paris FC a opéré un virage transalpin spectaculaire, attirant trois profils venus directement du championnat italien. Résultat sur le terrain ? Un club qui respirait difficilement en bas de tableau de Ligue 2 et qui a retrouvé de l'air, de la densité, et surtout une identité.
Immobile en tête de gondole, mais Koleosho et Coppola dans l'ombre
Le nom qui fait vendre, c'est évidemment Ciro Immobile. À 34 ans, l'ancien meilleur buteur de Serie A — trois titres de capocannoniere, dont un exercice à 36 buts en 2019-2020 — débarque à Paris après une fin d'aventure compliquée avec la Lazio Rome, puis un bref passage à la Besiktas. Un CV cinq étoiles pour une division deux. Le genre de transfert qui fait sourire certains observateurs et soulève des questions légitimes sur l'état de forme réel du joueur.
Mais réduire ce mercato à Immobile serait une erreur d'analyse. Luca Koleosho, lui, arrive de Parme avec une étiquette autrement plus sérieuse sur les épaules. Formé en Catalogne, passé par Burnley, révélé en Serie B, le milieu offensif américano-espagnol de 20 ans représente exactement ce que cherchait le Paris FC depuis des mois : un joueur capable de créer, de dribbler, d'accélérer dans les espaces. Selon nos informations, plusieurs clubs de Ligue 1 avaient coché son nom avant que les dirigeants parisiens ne s'imposent dans le dossier.
Diego Coppola, défenseur central de 20 ans prêté par le Hellas Vérone, complète le trio. Moins médiatique, mais peut-être le plus structurant défensivement. International espoir italien, il apporte à une charnière centrale qui manquait cruellement de leadership physique une présence dans les duels et une capacité de relance rare pour son âge. À en croire l'entourage du joueur, c'est un profil que l'Italie suit de très près pour les prochaines années.
Un club en quête d'identité depuis sa montée en Ligue 2
Pour comprendre pourquoi ce mercato a eu autant d'impact, il faut remonter à la situation sportive du Paris FC avant janvier. Le club du 13e arrondissement, longtemps dans l'orbite de l'OL avant que Gérard Lopez ne reprenne les rênes du projet, peinait à trouver sa vitesse de croisière dans ce championnat de Ligue 2 qu'il fréquente désormais avec l'ambition affichée de remonter un jour en élite.
Les résultats d'automne étaient alarmants. Une défense poreuse, un manque de repères offensifs, des performances trop irrégulières pour envisagner sereinement le maintien. La direction sportive avait deux options : bricoler avec ce qu'elle avait, ou frapper un grand coup hivernal. Elle a choisi la seconde voie, avec un budget inhabituel pour le niveau.
Ce choix dit quelque chose sur les ambitions du club. Le Paris FC ne se contente pas de survivre. Il cherche à construire une marque, une identité, une fanbase dans une ville saturée par le PSG. Recruter Immobile, même en fin de carrière, c'est générer de la visibilité, des clics, de l'attention médiatique. Attirer Koleosho et Coppola, c'est investir sur l'avenir et envoyer un signal fort au recrutement européen : Paris est une place sérieuse, même en dehors du Parc des Princes.
Selon nos informations, des discussions ont eu lieu avec plusieurs agents italiens dès le mois de novembre, bien avant l'ouverture officielle du mercato. La connexion transalpine n'est pas le fruit du hasard — elle reflète un travail de scouting structuré et des relations tissées avec des intermédiaires bien implantés en Serie A et Serie B.
Le maintien en vue, mais l'horizon va au-delà
Sur le terrain, les premières semaines du trio ont été encourageantes. Ciro Immobile a mis du temps à retrouver ses automatismes — trois semaines, à peine, avant de peser sur le jeu adverse. Koleosho, lui, a été immédiatement décisif, avec des performances qui ont rappelé pourquoi ce profil était suivi par des clubs bien plus huppés. Coppola a stabilisé une défense qui encaissait en moyenne plus d'un but et demi par match en première partie de saison.
Le Paris FC a enregistré plusieurs résultats positifs depuis janvier, et la mécanique du maintien, autrefois incertaine, semble désormais à portée. Mais c'est la suite qui intéresse vraiment le club. Que se passe-t-il si le maintien est assuré ? Est-ce que Koleosho reste ? Est-ce qu'on prolonge l'option sur Coppola ? Est-ce qu'Immobile accepte de continuer l'aventure une saison de plus si Paris monte ?
Ces questions ne sont pas anodines. La saison prochaine pourrait être charnière pour le projet Paris FC. Gérard Lopez a les moyens financiers et l'appétit pour aller plus loin. Une Ligue 1 à portée de main, un stade à taille humaine qui pourrait devenir un atout dans un paysage footballistique parisien saturé, et une fenêtre de recrutement qui prouve que le club peut attirer des profils de niveau international.
La « petite colonie italienne » de Charléty a changé une saison. Elle pourrait bien changer un projet. Si Paris confirme son maintien dans les prochaines semaines, la vraie question sera celle de la continuité — et de la capacité du club à transformer un mercato hivernal réussi en bloc solide pour l'exercice suivant. Les Italiens ont posé les bases. À la direction de ne pas les gâcher.