Après son sacre européen arraché aux tirs au but face à Arsenal, le PSG valide la continuité. Matvey Safonov conserve sa place de gardien titulaire dans le projet de Luis Enrique.
Arsenal a cru tenir sa revanche. Dimanche soir à Lisbonne, les Gunners ont poussé le PSG dans ses retranchements lors de la finale de la Ligue des champions, forçant même les tirs au but pour trancher un duel où les deux formations n'ont pu se départager au terme des 120 minutes (1-1, 4-3 t.a.b.). Dans cette épreuve d'intensité maximale, un homme a dû gérer la pression des dernières secondes avant le premier penalty : Matvey Safonov. Et sa prestation n'est pas passée inaperçue à Paris.
Deux jours après ce sacre inattendu — le PSG n'était pas favori contre les hommes de Mikel Arteta —, Luis Enrique a tranché. Le technicien espagnol reconduira exactement le même onze en préparation de la nouvelle campagne européenne. Pas de surprise du côté des gardiens : Safonov demeure le pilier de la succession en tant que numéro 1, confirmant ainsi les tendances observées cette saison où le portier russe de 24 ans a progressivement grignoté les positions d'Alphonse Aréola.
Un pari sur la continuité malgré les doutes
Arrivé à Paris en tant qu'inconnu relatif — seulement 37 apparitions en première division russe avant son transfert — Safonov semblait faire figure de pari à haut risque lors de son recrutement en juin 2023 pour une enveloppe d'environ 20 millions d'euros. Les supporters parisiens, habitués aux gardiens de renommée établie, ont regardé de loin cette jeune recrue du Krasnodar. Les critiques fusaient : manque d'expérience, adaptation incertaine, positionnement approximatif face aux équipes de haut niveau.
Pourtant, Luis Enrique a vu quelque chose que beaucoup ne percevaient pas. Au fil de la saison, le technicien a progressivement reculé Aréola sur le banc de touche. Les chiffres racontent une histoire : Safonov a aligné 28 matchs toutes compétitions confondues, affichant des statistiques qui méritent attention. Son taux d'arrêts en Ligue des champions s'élève à 76%, légèrement en retrait de la moyenne d'Aréola (78%), mais largement suffisant pour justifier la confiance du coach. En Premier League française, le portier russe a encaissé en moyenne 1,2 but par match, un bilan somme toute honnête pour un gardien encore en phase d'apprentissage européen.
La finale de Lisbonne représentait un moment charnière. Face à une attaque aussi acérée que celle d'Arsenal, Safonov aurait pu s'effondrer. Au contraire, il a maintenu le cap. Ses deux arrêts décisifs lors de la séance de tirs au but — notamment celui face à Martin Ødegaard — ont marqué les esprits. Ce n'était pas une performance flamboyante, mais une prestation de professionnalisme, la signature du gardien qui sort grandi de l'épreuve.
- 28 matchs disputés par Safonov toutes compétitions cette saison
- 76% de taux d'arrêts en Ligue des champions
- 4 réalisations d'Arsenal bloquées lors de la finale en temps réglementaire et prolongation
- 2 arrêts en phase de tirs au but face aux Gunners
L'avenir européen du PSG s'écrit avec cette génération
En reconduisant Safonov, le PSG ne fait pas qu'assurer la continuité administrative. Il valide une philosophie : celle d'un recrutement jeune, en marge des sentiers battus, capable de se sublimer sous pression. Pareil pour Aurélien Tchouaméni, Eduardo Camavinga ou encore Vitinha — les quatre dernières recrues majeures du projet parisien — qui ont tous trouvé leurs marques cette saison et porté le PSG jusqu'au sommet continental.
Luis Enrique n'avait jamais fait mystère de son intention : bâtir quelque chose de pérenne, loin du modèle « star system » qui a prévalu sous Pochettino ou Thomas Tuchel. Avec ce onze identique maintenu pour la nouvelle campagne, le message est limpide. Safonov, par son évolution fulgurante, incarne cette mutation. Lui qui, il y a 18 mois, débutait contre Nantes en Coupe de France avec les mains qui tremblaient légèrement, se profile désormais comme le gardien de la stabilité en Europe.
Reste à voir si le portier saura convertir ce titre continental en véritable tremplin. La Ligue des champions 2024-2025 s'annonce féroce — Manchester City affûté, Inter Milan en forme, Real Madrid omniscient. Safonov devra confirmer qu'il n'a pas volé son titre de champion. Dimanche, face à Arsenal, il a prouvé qu'il avait le cran. Les prochains mois diront s'il possède aussi la constance que demande le plus haut niveau européen.