L'entraîneur espagnol quitte la Catalogne et rebondit immédiatement à Amsterdam. Il succède à Oscar Garcia sur le banc des Lanciers.
Moins de quarante-huit heures après avoir quitté Girona, Michel a signé à l'Ajax Amsterdam. L'entraîneur espagnol de 50 ans ne restera pas longtemps sans chaise après l'effondrement du club catalan en deuxième division espagnole. Les Lanciers, à la recherche d'un successeur à Oscar Garcia, ont trouvé en lui le profil capable de relancer la machine rouge et blanche.
Un rebond immédiat après l'implosion de Girona
Quand tout s'écroule autour de soi, c'est souvent le moment où surgit une opportunité. Michel connaît cette maxime depuis longtemps. À Girona, il a vécu l'une des pires descentes aux enfers du football espagnol ces dernières années. Arrivé avec l'ambition de consolider le projet lancé par Paulo Fonseca, il s'est retrouvé face à un édifice qui s'écroulait de toutes parts. La relégation en Segunda División a été actée mathématiquement en avril, une catastrophe sportive et économique pour une ville qui rêvait de jouer les trouble-fêtes en Liga.
Mais Michel n'a pas traîné les pieds dans les débris. Ses performances à Girona, malgré le contexte désastreux, ont suffisamment impressionné pour que l'Ajax lève sa main. La direction amstellodamoise, sous pression après un passage sans relief d'Oscar Garcia, avait besoin d'un homme d'expérience capable de restaurer la confiance. À 50 ans, Michel représente exactement ce type de profil : assez jeune pour insuffler une énergie nouvelle, assez expérimenté pour naviguer les eaux troubles d'une reconstruction.
Le dossier a avancé à une vitesse remarquable. Mardi soir déjà, les pourparlers étaient concluants. Mercredi matin, c'était bouclé. L'Ajax a su se montrer décisif quand d'autres clubs auraient lambillé pendant des semaines. Cette rapidité en dit long sur la détermination de la direction à tourner la page Garcia.
L'Ajax entre tradition et urgence de résultats
Accueillir Michel à Amsterdam, c'est aussi accepter un changement de philosophie. L'entraîneur espagnol n'est pas un puriste du jeu offensif façon Ajax des années quatre-vingt-dix ou du récent renaissance des années 2010. C'est un pragmatique. À Girona, il a montré qu'il pouvait construire des équipes solides, disciplinées, capables de rivaliser sans avoir le ballon à 65 pour cent du temps.
Or, l'Ajax arrive dans une période charnière. Le club, autrefois dominant en Eredivisie, stagne depuis trois saisons. Les résultats de la saison passée ont été décevants, les attentes énormes. Les supporters amstellodamois attendent du spectacle, mais surtout des victoires. Michel devra jongler entre ces deux exigences: rester fidèle à l'ADN du club tout en ramenant une efficacité qui a fait défaut sous Garcia.
Son arrivée marque aussi un tournant structurel. L'Ajax a longtemps fonctionné avec des coachs formés à sa propre école, ou au moins imprégnés de sa culture. Michel vient de l'extérieur, du système espagnol, qui n'a rien à envier au modèle néerlandais en matière de formation et de développement de jeunes talents. C'est un pari, mais peut-être exactement celui qu'il faudait prendre pour secouer une institution en perte de vitesse.
Girona se cherche un ailleurs, Michel regarde vers l'avant
Pendant ce temps, à Girona, c'est le néant. Le club catalan doit trouver un nouveau patron capable de mener à bien la remontée en Segunda División, une tâche herculéenne tant les blessures financières sont profondes. Michel laisse un chantier ouvert, mais nul ne lui en tient rigueur. Il a fait ce qu'il a pu face à une débâcle plus systémique qu'individuelle.
À l'Ajax, la pression monte déjà. Les débuts de Michel sont attendus avec impatience. La première journée de présaison arrivera vite, et les regards seront fixés sur ses choix tactiques, sa gestion du groupe, son aura. Peut-il inspirer le vestiaire? Peut-il redessiner une ambiance? C'est sur ces réponses que se mesurera le succès de son arrivée à Amsterdam.
Le football aime les secondes chances. Michel en aura une à l'Ajax, un club qui en réclame une aussi, après des saisons sans titre majeur. Si l'alchimie opère, cet engagement explosif en mai pourrait bien être le point de départ d'une renaissance. Si elle ne fonctionne pas, les deux parties sauront rapidement qu'il faudra chercher ailleurs.