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Football

Aubameyang père et fils, le rêve d'un dernier grand chapitre

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

À 36 ans, l'attaquant de l'OM Pierre-Emerick Aubameyang rêve de jouer aux côtés de son fils au plus haut niveau. Un projet familial qui en dit long sur sa longévité.

Aubameyang père et fils, le rêve d'un dernier grand chapitre

Treize buts toutes compétitions à 36 ans, dans une équipe marseillaise qui a souvent ressemblé cette saison à un chantier en plein mistral. Pierre-Emerick Aubameyang n'a pas encore rangé les crampons, et si l'on en croit ses récentes déclarations, il nourrit même un projet qui dépasse le simple prolongement de carrière : jouer un jour aux côtés de son fils au haut niveau. Une ambition qui peut faire sourire, ou émouvoir — selon l'âge qu'on a et les rêves qu'on a soi-même enterrés un peu tôt.

L'attaquant éternel qui refuse de vieillir dans le bon sens du terme

Il y a quelque chose de profondément diegoïen dans cette posture. Diego Maradona voulait jouer jusqu'à 50 ans. Roberto Carlos a traîné ses crampons dans des ligues qu'on ne trouve pas sur Google Maps. Aubameyang, lui, n'en est pas là — et c'est précisément ce qui rend son cas intéressant. À l'Olympique de Marseille, dans une Ligue 1 qui reste une compétition exigeante malgré ce qu'en disent les contempteurs du foot français, il continue de peser. Treize réalisations sur une saison collectivement décevante, c'est la marque d'un joueur qui n'a pas besoin que son équipe soit bien huilée pour exister. C'est même, paradoxalement, là où les grands attaquants se révèlent : quand tout dysfonctionne autour d'eux.

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Né en 1989, formé à l'AC Milan puis révélé à Saint-Étienne avant d'exploser à Dortmund et Arsenal, l'ancien Ballon d'Or africain a traversé les époques du football moderne avec une élasticité physique qui continue de stupéfier les préparateurs athlétiques. Sa vitesse de pointe a baissé, évidemment. Mais sa lecture du jeu, son sens du placement dans la surface, son instinct du but — ces qualités-là ne s'érodent pas au même rythme que les fibres musculaires. Elles s'affinent, parfois.

Quand la paternité devient un projet sportif

L'idée de partager un vestiaire avec son fils n'est pas totalement fantaisiste. Pierre-Emerick Aubameyang Junior, né en 2009, a donc aujourd'hui autour de 15 ans. Si le père parvient à jouer jusqu'à 39 ou 40 ans — ce que son niveau physique actuel ne rend pas absurde — et si le fils confirme sur le plan sportif les années qui viennent, la fenêtre existe. Petite, mais réelle. On a vu Ian Wright et son fils Shaun jouer dans le même championnat anglais. On a vu les Laudrup, les Maldini. Paolo et Daniel Maldini ont même cohabité à l'AC Milan lors d'un match de Serie A en 2022, un siècle après que César et Florentin Maldini avaient fait de même, ou presque — l'histoire du football est pleine de ces vertiges générationnels.

Ce que dit Aubameyang en exprimant ce souhait, ce n'est pas simplement qu'il veut prolonger sa carrière. C'est qu'il se projette dans une continuité, une transmission. Pour un joueur de sa génération, qui a connu les sommets — meilleur buteur de la Premier League en 2019, capitaine des Gunners, triplé en Coupe du monde africaine — et les descentes abruptes (son départ d'Arsenal en plein hiver sous Mikel Arteta restera l'un des feuilletons les plus glaçants de ces dernières années), cette projection familiale prend une dimension presque mélancolique. Comme si le foot, après avoir tout donné et tout pris, devait s'achever en cadeau transmis.

Marseille, décor improbable mais pas anodin d'un crépuscule en pleine lumière

L'OM n'était pas le choix le plus évident pour cette dernière ligne droite. Quand Aubameyang débarque sur la Canebière à l'été 2023, beaucoup y voient un pari risqué des deux côtés : un club en reconstruction perpétuelle et un attaquant qui aurait pu opter pour des championnats moins exigeants, mieux rémunérés, plus indulgents avec les corps fatigués. Il a choisi la compétition. Il a choisi la pression. Et quelque part, il a choisi de se prouver quelque chose dans un environnement qui ne pardonne pas les impostures.

Le Vélodrome n'est pas tendre avec ceux qui n'y croient plus. Mais il élève ceux qui y mettent quelque chose de personnel. Dans un club où l'identité est une religion autant qu'un fardeau, Aubameyang a su trouver sa place non pas malgré son âge, mais presque grâce à lui — son sérieux professionnel, sa gestion du corps, son absence de drama en dehors du terrain ont représenté une forme de stabilité dans une saison mouvementée pour le club phocéen.

Roberto De Zerbi, arrivé sur le banc marseillais avec ses idées de possession haute et de pressing intensif, a trouvé en lui un attaquant capable de s'adapter à un registre collectif contraignant physiquement. Ce n'était pas gagné. À 36 ans, le pressing de vingt mètres en début de phase défensive n'est plus une évidence — c'est un travail quotidien, une discipline monastique. Aubameyang s'y est plié.

Reste que la saison de l'OM sur le plan collectif laisse des questions ouvertes. L'équipe n'a pas atteint les objectifs fixés, et le mercato estival sera, comme toujours à Marseille, l'occasion d'une nouvelle naissance — ou d'une nouvelle promesse non tenue. Dans ce contexte, l'avenir d'Aubameyang lui-même n'est pas garanti au-delà de son contrat actuel. Des clubs du Golfe, des franchises MLS, des championnats asiatiques lui feront probablement des offres plus lucratives et moins éprouvantes. Le choix qu'il fera dira beaucoup de ce qu'il reste vraiment de ce footballeur d'exception : un compétiteur qui ne transige pas, ou un homme qui commence à préparer son après.

Si son fils Pierre-Emerick Junior confirme sa progression dans les catégories de formation, les prochaines années pourraient bien écrire l'un de ces chapitres rares que le football offre parfois — ceux qui dépassent le sport pour toucher à quelque chose de plus universel. Un père et un fils, même maillot, même pelouse. Cela ne se commande pas. Cela se mérite, sur le long terme, avec une abnégation que peu de joueurs de cette génération ont encore à 36 ans. Aubameyang, lui, semble y croire. Et c'est déjà beaucoup.

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