Le défenseur de Marseille enfonce le clou sur son ancien copain du PSG, désormais à la Juventus. Une amitié de jeunesse rattrapée par la rivalité du Classico.
Ils ont grandi ensemble rue de Clignancourt. Presnel Kimpembe et Adrien Rabiot, c'est l'histoire de deux gosses du centre de formation du Paris Saint-Germain qui auraient dû rester liés à jamais. Sauf que le football, lui, n'a que faire des sentiments. Mercredi soir, après la victoire marseillaise face à Nantes, le défenseur central de l'Olympique de Marseille a remis sur le tapis la tension qui l'oppose à son ancien pote devenu milieu de terrain de la Juventus. Pas une simple pique. Une série de sorties publiques qui dit long sur l'état du dossier.
Kimpembe ne rate jamais une occasion. Lors d'une interview donnée à un média, il a remis le couvert sur l'absence de Rabiot au Classico de décembre dernier, où Marseille s'était imposé 3-0. Blessé à l'époque, Rabiot avait manqué le choc. Mais voilà, pour Kimpembe, cette absence résonne comme une faveur du destin. Il y voit presque une justice poétique. Tu sens le truc, non ? Deux mecs qui se connaissaient intimement, qui ont partagé les mêmes vestiaires à dix-sept ans, et qui finissent par se regarder de travers à travers l'écran d'une caméra de télé.
Le spectre du Classico plane toujours
Ce qui surprend dans l'attitude de Kimpembe, c'est l'insistance. Ce n'est pas une simple remarque anodine balancée en zone mixte. Non, le défenseur revient régulièrement sur ce sujet, comme si Rabiot à la Juventus restait une épine fichée quelque part. Peut-être que la vraie raison, c'est que Rabiot représente une trajectoire différente. Lui, il a choisi l'Europe. Lui, il a voulu jouer pour la Vieille Dame. Kimpembe, lui, s'est engagé à Marseille avec un projet français, une certaine vision du foot méditerranéen.
Le PSG a longtemps cru que Rabiot était intransférable. Mais en 2022, après des années de bras de fer avec la direction parisienne, c'est la Juventus qui a remporté le jackpot. Pendant ce temps, Kimpembe, lui, avait quitté le club de la capitale deux ans plus tôt. Entre eux, il n'y a pas eu d'explosion brutale. Juste une dérive progressive. Des choix de vie qui les ont éloignés. Et maintenant, à travers les rencontres entre Marseille et la Juve ou les déclarations publiques, ça remonte à la surface.
L'Olympique de Marseille compte désormais 28 points en Ligue 1 cette saison, une dynamique positive qui a certainement gonflé la confiance du joueur de 29 ans. Quand tu commences à construire quelque chose de solide au sud, tu as envie de protéger ton territoire. Et les références au passé deviennent des armes.
Quand la rivalité du Classico ravive les vieilles blessures
Admettons-le franchement : les Classicos ne se jouent pas qu'au terrain. Ils se vivent aussi à travers les petites piques, les déclarations, les non-dits qui deviennent parlants. Kimpembe l'a bien compris. En rappelant que Rabiot a manqué le dernier affrontement direct, il marque un point psychologique. Pas méchant, juste habile. C'est la guérilla de l'ego qui précède les vrais combats.
La blessure de Rabiot en décembre était sérieuse, aucun doute là-dessus. Mais pour un défenseur du standing de Kimpembe, une telle absence, c'est du béton dans les fondations. Ça permet de dire : on a joué sans toi, on a gagné sans toi, on a montré qu'on était plus forts sans toi. C'est brutal ? Oui. C'est du foot français ? Absolument.
Ce qui rend la situation encore plus savoureuse, c'est que les deux mecs pourraient croisera nouveau le fer. La Juventus ne joue pas en Ligue 1, bien sûr, mais les compétitions continentales recroisent régulièrement les élites européennes. Imaginons un Marseille miracle qui se qualifierait pour une phase à élimination directe de Ligue des champions, avec la Juve sur le parcours. Tu paries quoi que Kimpembe aura mémorisé chaque mot qu'il a prononcé aujourd'hui ?
Vers une cicatrisation ou l'éternel ressentiment
Reste la question du pardon, ou plutôt de l'apaisement. Deux anciens copains du PSG, c'est un dénominateur commun qu'on n'efface pas. Mais quand les carrières divergent, quand les clubs deviennent des rivaux, quand les enjeux se cristallisent, les vieilles amitiés deviennent des reliques. Elles ne disparaissent pas vraiment. Elles se transforment en quelque chose de plus complexe, plus piquant.
Pour Kimpembe, qui a traversé des périodes compliquées à Marseille, l'affirmation face à un Rabiot qui a réussi sa transition vers l'Italie est significative. C'est une façon de dire : regarde, mon projet vaut quelque chose. Marseille vaut quelque chose. Et toi, tu aurais dû être là pour voir.
La prochaine fois que leurs chemins se croiseront vraiment, sur un terrain de foot où ça compte vraiment, on verra si ces paroles reviennent. Dans le foot, les mots prononcés en zone mixte deviennent rarement des histoires publiques oubliées. Ils deviennent des carburants. Et Rabiot, en Italie, a probablement quelques trucs à répondre. La question maintenant est de savoir quand.