La Roma change sa stratégie pour Mason Greenwood. Après des approches initiales séduisantes, le club romain prépare une offre moins attractive pour l'attaquant de l'OM.
Mason Greenwood peut ranger ses rêves romains dans un tiroir. Ou presque. La Roma, qui s'était positionnée en prétendant sérieux cet été pour recruter l'attaquant anglais de l'Olympique de Marseille, vient de changer radicalement de partition. Exit les promesses dorées et les perspectives flatteuses : le club giallorosso prépare désormais une offre sensiblement moins alléchante pour le joueur de 22 ans.
C'est un véritable coup de théâtre dans le feuilleton mercato provençal. Greenwood, qui avait impressionné sous le maillot blanc et bleu depuis son arrivée en janvier dernier, s'était habitué à l'idée d'une belle enveloppe financière. Les premiers contacts romains avaient d'ailleurs été suffisamment séduisants pour qu'on parle sérieusement d'un départ. Mais voilà, la réalité des comptes et des priorités sportives reprend toujours le dessus.
Pourquoi la Roma abandonne-t-elle ses plans de séduction?
L'AS Roma navigue en eaux troubles financièrement. Après une série de recrutements coûteux ces dernières années qui n'ont pas tous porté leurs fruits, la direction giallorosso doit ranger l'argent frais dans les coffres. José Mourinho l'a lui-même reconnu à plusieurs reprises : l'époque des dépenses pharaoniques, c'est fini. Et avec les résultats décevants de cette dernière saison en Serie A, les marges de manœuvre se sont rétrécies comme peau de chagrin.
Greenwood était une belle vitrine, un galop d'essai pour montrer que Rome pouvait toujours attirer les talents. Mais quand on gratte un peu, on découvre que l'intérêt initial était davantage une déclaration d'intention qu'une véritable conviction. La Roma vise juste, elle veut des joueurs affamés et des contrats qui ne pèsent pas trop lourd. Greenwood, lui, vient de vivre une belle aventure marseillaise avec le public et les compétitions qui vont avec. Il ne se contentera pas d'une miette après avoir goûté à plus.
Il y a aussi une question sportive. Le club romain possède déjà Tammy Abraham en attaque, et Gianluca Mancini a montré qu'il était capable de faire jouer plusieurs buteurs. Greenwood n'est pas un besoin impérieux. C'est un luxe, et les luxes se paient au prix fort.
L'OM doit-il s'attendre à perdre son joyau offensif?
Pas d'affolement du côté de la Canebière. Si la Roma baisse la mise, d'autres clubs devraient monter au créneau. L'été dernier, Greenwood s'était imposé sur le marché comme une pièce maîtresse du puzzle offensif français. Avec ses 6 buts et ses 4 passes décisives en seulement 13 matchs de Ligue 1, il avait rappelé pourquoi Manchester United l'avait si longtemps envisagé comme un investissement durable.
Pablo Longoria, le président marseillais, ne sera certainement pas déçu de voir la Roma modérer ses ambitions. Cela laisse de la respiration à l'OM pour négocier d'éventuels renforts. Car il faut bien dire une chose : Greenwood a faim. À 22 ans, après avoir traversé les turbulences de son passé, il redécouvre le plaisir de jouer au haut niveau avec une équipe qui croit en lui. La Ligue 1 lui plaît, la Ligue des champions aussi. Pourquoi irait-il faire ses cartons pour une offre dépouillée de Rome?
La vraie question n'est donc pas de savoir si l'OM le perdra, mais plutôt à quel prix et pour quelle destination. Si une équipe avec des moyens plus importants se présente—un club anglais qui voudrait le récupérer, par exemple—là oui, il y aurait du débat.
Que dit ce revirement sur le marché des transferts?
Cet épisode Roma-Greenwood raconte beaucoup sur l'état du marché en 2024. Les clubs font semblant longtemps. Ils créent du bruit, envoient des signaux, jouent les séducteurs. Mais au moment de mettre la main au portefeuille, ils comptent les euros. La réalité économique du football est en train de créer une nouvelle hiérarchie : les vrais riches d'un côté, et les clubs qui font semblant de l'autre.
La Roma espérait peut-être que Greenwood accepterait un contrat moins généreux parce que Rome, c'est Rome. Que l'histoire, la Louve, l'Olympico constituaient des arguments suffisants. C'est touchant comme approche, mais naïf. Les joueurs de cet âge veulent des certitudes sportives et des bilans lucratifs clairs. Greenwood a déjà connu les doutes et les turbulences. Il ne va pas les rechercher volontairement dans une offre rabougrie.
Cela confirme une tendance lourde : les clubs sans oil money ni milliardaires à la tête derrière les rails doivent être intelligents. Très intelligents. C'est fini l'époque où on pouvait jouer au poker avec tous ses jetons simplement parce qu'on avait un beau passé. La Roma devra ruser, séduire autrement, construire des projets sportifs crédibles plutôt que de miser sur l'aura de la Ville Éternelle.
Pour Greenwood, cette affaire Roma n'aura été finalement qu'une parenthèse. Une belle visite, une exploration du marché, mais rien de plus. L'Anglais peut rester serein à Marseille ou envisager sereinement l'été prochain avec d'autres admirateurs bien plus offensifs dans leurs intentions. Et la Roma? Elle aura appris une fois de plus que les demi-mesures ne font jamais rêver personne.