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Football

Semsar de Boisséson prend le fauteuil de Longoria à la LFP

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

L'OM perd sa voix au conseil d'administration de la Ligue. Shéhérazade Semsar de Boisséson succède à Pablo Longoria, dont le départ crée un vide symbolique dans les rouages du football français.

Semsar de Boisséson prend le fauteuil de Longoria à la LFP

Il y a des nominations qui passent inaperçues et d'autres qui racontent une histoire. Celle de Shéhérazade Semsar de Boisséson au conseil d'administration de la Ligue de football professionnel appartient à la seconde catégorie. Non parce que cette avocate spécialisée en droit du sport manque de légitimité — bien au contraire — mais parce qu'elle herite d'un siège occupé durant quatre ans par Pablo Longoria, homme fort de l'Olympique de Marseille qui vient de pivoter vers d'autres horizons.

Longoria change de jeu, l'OM perd ses droits de vote

Pablo Longoria n'est plus secrétaire général exécutif de l'OM. Cette décision, officialisée lors de l'assemblée générale de la LFP ce mercredi, marque la fin d'une époque que même les observateurs les plus optimistes ne voyaient pas durer éternellement. L'ancien responsable du Valencia CF et du Parma avait transformé le club phocéen lors de son arrivée en 2020, imposant une rigueur gestionnaire que les supporters, plutôt habitués aux dérives financières et aux projets pharaoniques, n'avaient pas tous digérée. Quatre ans de conseils d'administration, c'est un mandat entier. Quatre ans à défendre les intérêts marseillais autour de la table des décideurs du football français, à voter sur les règlements de fair-play financier et les calendriers qui agacent les coachs.

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Son départ crée un vide que Semsar de Boisséson devra combler. Pas seulement symboliquement : à 49 ans, après une carrière de deux décennies dans les arcanes du droit sportif, elle devient la voix institutionnelle de Marseille quand les gros dossiers se règlent loin des projecteurs. Pas la plus sexy des missions — bien moins que de négocier un renfort en janvier — mais décisive dans un écosystème où les clubs qui maîtrisent les rouages administratifs gagnent autant que sur le terrain.

Un puzzle législatif que seuls les initiés comprennent vraiment

Comprendre pourquoi ce changement compte exige de plonger dans la géographie du pouvoir en Ligue 1. La LFP n'est pas qu'un simple organisateur de matchs. C'est l'instance qui valide les budgets, qui négocie les droits télévisuels — le nerf de la guerre depuis que Amazon Prime s'est invité au festin — qui arbitre les litiges financiers et qui applique la doctrine du fair-play. Les 18 club de première division y siègent au conseil d'administration, élisant des représentants pour les épauler dans ces batailles bureaucratiques.

Longoria y avait amené l'expérience d'un homme ayant navigué les réglementations les plus strictes d'Europe. À Valence, il avait dû composer avec la concurrence des clubs espagnols davantage dotés financièrement. Au Parma, il avait expérimenté la décadence et la reconstruction. À Marseille, il avait hérité d'une institution endettée mais glorieuse, rongée par des mauvaises gestions passées. Quatre années de conseils d'administration, c'était aussi quatre années à siéger aux côtés de Laurent Blanc (pour le LOSC), d'Olivier Sadran (Toulouse FC) ou d'autres figures du football professionnel français. Une proximité institutionnelle qui forge les alliances d'une ligue.

Semsar de Boisséson devra apprendre ce langage. Elle ne part pas de zéro : ses expériences auprès de fédérations et d'organismes sportifs l'ont formée à penser comme un juriste de haut vol. Mais il existe une différence entre conseiller un club et le représenter au cœur de la machine. Entre plaider sa cause avec des mots choisis et voter des résolutions qui affectent vos rivaux.

L'OM face à un leadership dispersé

Cette transition survient à un moment où Marseille se restructure après l'arrivée de Frank McCourt, l'homme d'affaires américain devenu propriétaire en 2017. Le club a connu des débâcles sportives — comme cette élimination en Ligue des champions aux mains du Sporting Portugal malgré une supériorité supposée — et des désenchantements bon marché en Ligue 1. Longoria symbolisait la colonne vertébrale administrative lors de cette transition incertaine.

Son départ fragilise cette architecture. Pas catastrophiquement : Marseille reste un géant du football français, capable de remplir le Vélodrome. Mais l'absence d'une voix reconnue et expérimentée dans les couloirs du pouvoir parisien crée un trou. Il existe 36 ligues professionnelles en Europe. Longoria en connaissait au moins trois intimement. Semsar de Boisséson aura besoin de temps pour construire cette même crédibilité institutionnelle.

Reste à voir si cette chaise du conseil d'administration sera un tremplin ou une impasse pour celle qui la prend. Le football français n'oublie pas ses serviteurs. Mais il punit impitoyablement ceux qui ne répondent pas aux attentes.

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