Après six matchs de Ligue 1 depuis son retour à la Juventus, Paul Pogba nourrit toujours des ambitions avec l'équipe de France. Une rédemption sportive qui ne fait que commencer.
Six apparitions en Ligue 1. Une seule titularisation. Ce bilan chiffre à lui seul la difficulté du retour de Paul Pogba à la Juventus Turin. Pourtant, le milieu français refuse de se morfondre. Au contraire : il continue de croire en ses chances de retrouver les Bleus et de peser sur les grands rendez-vous internationaux. Un optimisme que certains jugeront naïf, d'autres inspirant. La réalité, elle, est plus nuancée.
Le retour en demi-teinte du Français turinois
Quand Pogba a annoncé son départ de Manchester United cet été, tout semblait aligné pour un conte de fées : retrouver la Juventus, le championnat italien, une nouvelle jeunesse. La réalité s'est avérée bien plus coriace. Six matchs depuis le début de saison, c'est peu pour un joueur de son envergure. Une titularisation, c'est insuffisant pour forcer le respect d'un entraîneur qui hésite visiblement sur ses qualités d'adaptation.
L'absence d'enchaînement de matchs pose problème. Dans le football moderne, le rythme est roi. Or Pogba, avec ses blessures précédentes et ce retour progressif, navigue dans un entre-deux inconfortable : trop présent pour être oublié, pas assez régulier pour imposer sa loi au cœur du jeu turinois. À 31 ans, chaque match compte double. Chaque absence double le doute.
Techniquement, il n'a rien perdu de sa puissance physique ni de sa capacité à déstabiliser un milieu adverse. Mais dans une Juventus qui peine à trouver son équilibre cette saison, les miettes d'apparitions ne suffisent pas à faire la différence. L'international français le sait. Et il le vit mal.
Une histoire française loin d'être terminée
Voilà où réside le vrai enjeu de cette histoire. Pogba regarde moins vers Turin que vers Paris. Plus exactement, vers le cœur du projet tricolore. Depuis son dernier sélection, il y a maintenant plusieurs mois, les portes de la Fédération Française de Football semblent s'être refermées. Didier Deschamps a basé son système sur d'autres hommes. D'autres créateurs. D'autres guerriers.
Mais Pogba garde la certitude que le combat n'est pas perdu. Une conviction qu'il nourrit chaque jour à l'entraînement, espérant que quelques bonnes performances à Turin feront remonter les vidéos vers le sélectionneur. Car c'est la seule route qui mène aux Éliminatoires de la Coupe du monde 2026 : il faut d'abord convaincre son club de lui faire confiance.
Les Bleus, c'est 91 sélections et 11 buts pour Pogba. Un palmarès qui parle. Un vestiaire qui le connaît. Une expérience de grand tournoi qui ne s'efface pas en quelques mois d'absence. Deschamps sait ce qu'il peut attendre de lui en cas de besoin. La question n'est pas tant le talent que la disponibilité physique et mentale. Et sur ce dernier point, le message semble clair : il n'a pas abandonné.
Le défi du changement ou du déclin
Les prochaines semaines seront décisives. Pas seulement pour la Juventus, mais pour Pogba lui-même. Il doit trancher entre deux réalités : soit il accepte un rôle de joker et de spécialiste tactique en club, tout en gardant espoir d'une place en sélection. Soit il comprend qu'une page se tourne et cherche une porte de sortie lors du prochain mercato.
Car rester sur le banc n'est jamais bon pour un international. Les mois passent. Les coéquipiers titulaires gagnent en familiarité. Les jeunes joueurs progressent et prennent du relief. Un jour, on regarde derrière soi et plus personne n'attend. C'est la règle implacable du football moderne.
Le pari de Pogba ressemble donc à un coup du dés : continuer à nourrir l'espoir que la Juve lui donnera sa chance, que les performances suivront, que Deschamps finira par composer le téléphone. C'est un pari sur lui-même, sur sa capacité à rebondir, sur la patience de ceux qui croient encore en sa destinée internationale.
Pour l'instant, le rêve des Bleus brille toujours dans les yeux du Français turinois. Mais il sait pertinemment qu'il n'a pas les mois qui s'éternisent pour le concrétiser. Chaque séance d'entraînement à Turin compte. Chaque occasion de montrer sur le terrain, aussi infime soit-elle, est une fenêtre de tir vers la Fédération. Pogba l'a compris. La course contre la montre a commencé.