Michael Olise a tranché pour les Bleus. Un choix qui complique sérieusement les plans anglais à la Coupe du monde au Mexique.
Michael Olise a dit oui à la France. Pas de suspense, pas de feuilleton médiatique qui s'éternise. Le milieu offensif du Crystal Palace a opté pour les Bleus plutôt que pour l'Angleterre, et cette décision tombe au pire moment pour Gareth Southgate : pile avant une Coupe du monde au Mexique qui s'annonce déjà compliquée pour les Three Lions.
Pendant des mois, le dossier a traîné. Olise, c'est ce profil rare qu'on ne refuse pas en Europe. Technique, vitesse, capacité à créer du danger. À 21 ans, il représente cette nouvelle génération capable de peser dans les plus grands rendez-vous. L'Angleterre lorgnait dessus depuis longtemps. La France aussi, évidemment. Et c'est Didier Deschamps qui a remporté le bras de fer.
Pourquoi Olise préfère les Bleus aux Three Lions
Les raisons du choix d'Olise sont multiples, mais elles convergent toutes vers la même logique : quelle sélection lui offre le meilleur projet à court terme? La réponse pour lui, c'était la France. Parce que même dimanche dernier, malgré les défaites en préparation, malgré le sentiment diffus que quelque chose ne roule pas, les Bleus restent la référence mondiale. Ils ont remporté la dernière Coupe du monde. Ils ont perdu une finale d'Euro l'année dernière. Leur effectif, même diminué, inspire du respect.
L'Angleterre, elle, porte sur ses épaules l'attente permanente d'une nation qui croit à chaque tournoi que « c'est bon cette fois-ci ». Et puis elle arrive, elle gifle, elle déçoit. Depuis 1966, rien. Pas même une demi-finale de Coupe du monde depuis 1990. Voilà pour le contexte historique. Mais il y a plus concret encore.
Southgate doit gérer une équipe déséquilibrée. Sans Reece James, sans Luke Shaw capable d'être d'un seul tenant sur toute une compétition, ses latéraux inquiètent. Au milieu, le cristallin Harry Redknapp junior joue plus l'eau que la structure. Et devant, si Jude Bellingham apporte de la fraîcheur, on compte quand même sur Raheem Sterling et Harry Kane, deux joueurs passés par des moindres formes. Olise aurait dû être ce grain de fantaisie, cette piqûre de rappel offensive quand tout s'encrasse.
À l'inverse, Deschamps peut lui proposer un univers rôdé, des automatismes qui fonctionnent, une philosophie claire. Oui, la France perd parfois des matchs de préparation. Mais elle sait ce qu'elle fait. Elle marche au résultat. Et pour un garçon qui veut débuter sa carrière internationale au plus haut niveau, c'est rassurant.
Il y a aussi la question de l'enracinement. Olise est franco-anglais, fils d'un Londonien et d'une Française, né à Londres mais avec des racines profondes en Île-de-France. Choisir la France, ce n'est pas choisir contre l'Angleterre. C'est choisir vers quelque chose qui le touche personnellement. Le football international, c'est aussi ça : des identités, des histoires, des sélections que tu portes en toi parce qu'elles font partie de qui tu es.
L'Angleterre face à une préparation en mode urgence
Maintenant, le problème anglais. Southgate perd un élément offensif quand il en a justement besoin. À 21 ans, Olise a déjà disputé 32 rencontres de Premier League cette saison. Il n'est pas promesse. Il est déjà là. Et il n'est plus dispo.
Quel remplaçant? Il y a Jarrod Bowen, Phil Foden bien sûr, mais sur les ailes Southgate était en train de construire quelque chose avec Olise. Une fraîcheur. Un accent différent. Maintenant, il faut rebâtir sur ce segment du terrain. Quelques semaines avant la Coupe du monde, ce n'est pas idéal.
Les statistiques anglaises parlent d'ailleurs pour elles. Cette année, sur les trois derniers matchs de préparation, l'Angleterre n'a marqué que quatre buts. Quatre. Pour une équipe censée être dans le top 3 mondial. C'est peu. C'est même inquiétant. Olise aurait pu apporter cette dose de créativité manquante, cette capacité à créer des décalages que seul le talent peut inventer.
- 32 matchs de Premier League pour Olise cette saison, preuve de sa régularité
- 4 buts en 3 matchs de préparation pour l'Angleterre, une offensive en berne
- 1966, la dernière victoire anglaise en Coupe du monde, une attente de 57 ans
- 28 ans, l'âge moyen de la sélection anglaise, une équipe vieillie malgré Bellingham
Quant à Deschamps, il intègre un élément qui lui offre des options tactiques supplémentaires. Sur le flanc droit notamment, où la concurrence existe mais où un apport offensif nouveau sera le bienvenu. La France n'a pas les mêmes urgences que l'Angleterre. Elle sait où elle va. Elle passe au moment où les Anglais répètent.
Le dossier Olise, c'est au final un symbôle : celui d'une France qui continue à attirer les talents européens malgré le cycle post-Mbappé, et d'une Angleterre qui joue une fois de plus les devinettes avant une grande compétition. À Mexico, dans trois mois, on verra si Southgate a trouvé les réponses. Pour Olise, la question est déjà résolue.