Le Stade Rennais est à deux doigts de s'offrir Eliezer Mayenda. L'attaquant de Sunderland devrait débarquer en Bretagne dans les prochains jours. Un coup important pour les ambitions de Julien Stéphan.
Ça bouge enfin du côté de la route de Lorient. Après des semaines d'une relative discrétion hivernale, Rennes frappe son coup majeur sur le marché des transferts en actant l'arrivée imminente d'Eliezer Mayenda. L'attaquant camerounais du club anglais de Championship Sunderland est en passe de devenir rouge et noir. L'accord est bouclé ou presque, les derniers détails peaufinent une affaire que personne ne voyait venir dans ce calibre à Rennes.
Mayenda, le profil que Stéphan attendait
Voilà un moment que Julien Stéphan trépignait sur le banc en attendant des renforts offensifs. Son effectif souffrait d'un manque de percussion réelle en avant, d'une vraie finition qui lâche prise trop souvent. Mayenda, lui, c'est un profil différent. À 21 ans, l'international camerounais possède cette denture que les clubs anglais forgent dans la chaleur des matchs de Championship. Dix-sept buts en deux saisons et demie sous le maillot noir et blanc de Sunderland, ça parle.
Le gamin n'est pas un phénomène rare, loin de là. Mais c'est un ouvrier de luxe, capable de peser sur une défense, de créer de l'espace, de presser haut. Exactement ce qui manquait aux Rennais, qui ont souvent navigué en eaux troubles cette saison malgré quelques fulgurances collectives. Mayenda débarque à une époque où Rennes doit vraiment accélérer, où le maintien devient un sujet qui commence — prudence oblige — à se poser franchement.
Au-delà des chiffres, c'est surtout son tempérament qui a séduit l'état-major breton. Les scouts rennais ont vu un profil affamé, un attaquant qui ne traîne pas les pieds dans les zones molles du terrain. En Championship depuis 2022, Mayenda a appris à jouer au couteau contre des défenses organisées et costauds. C'est une expérience qui pèse lourd pour un club comme Rennes, qui va bientôt affronter des murs défensifs français bien plus rigides que ceux de certains clubs anglais de deuxième division.
Sunderland lâche prise : l'argent parle plus fort que la formation
Du côté anglais, Sunderland n'a pas résisté longtemps. Le club de la côte nord-est rêvait de voir Mayenda les hisser vers la Premier League — l'objectif affiché année après année — mais les réalités financières ont parlé plus fort que les ambitions collectives. Rennes a mise sur la table une proposition convenable, suffisamment lucrative pour que les Rojos, actionnaires américains à la tête du club anglais, valident l'opération sans traîner.
C'est le lot du football contemporain : les talents émergeants se retrouvent en sandwich entre plusieurs prétendants, et le portefeuille le mieux garni l'emporte. Sunderland, malgré des résultats respectables en Championship (ils visent l'élite), ne peut pas rivaliser avec la structure financière que peut mobiliser Rennes, même quand le club breton traverse une période creuse.
Mayenda aurait pu attendre un an, deux ans peut-être, espérer que Sunderland monte et l'expose à la scène anglaise de première division. Mais pourquoi attendre quand une Ligue 1 française frappe à la porte ? Le championnat français, malgré ses défauts, reste un vitrail intéressant pour les jeunes talents africains. Les regards du continent y convergent, les scouts des grands clubs européens y tournent constamment. Rennes offrait aussi une trajectoire claire : rejoindre un projet ambitieux, devenir rapidement un élément décisif.
Un recrutement qui sent la confiance retrouvée
Cette opération dit quelque chose d'important sur l'orientation que prend Rennes en ce début d'année 2025. Pas de panique. Pas de plan de sauvetage rampant. Juste un club qui a analysé ses faibles et qui frappait là où ça fait mal : l'attaque. C'est le boulot du recrutement.
Stéphan aurait pu se contenter de patauger, de demander des prêts étriqués, des jokers fraîchement libérés. Non. Rennes a choisi la voie du risque calculé en s'offrant un profil jeune avec une réelle marge de progression. À 21 ans, Mayenda ne vient pas avec la réputation d'un Cristiano Ronaldo mauve en fin de carrière. Il vient avec la faim et l'inexpérience relative du format français, ce qui peut aussi être une force. Un attaquant frais, pas usé, motivé à casser la baraque.
Les prochaines semaines seront décisives. Mayenda doit s'adapter, bien sûr. La Ligue 1 défend différemment qu'une Championship où la rudesse prime parfois sur la structure tactique. Mais si le gamin intègre rapidement les codes bretons, si Stéphan le place correctement dans son système, alors Rennes vient de se faire un allié précieux pour la fin de saison. Et voilà peut-être le vrai coup d'un club qui retrouve les réflexes des belles années.