Dos au mur au classement des troisièmes, le Sénégal ne peut pas se rater face à l'Irak. Un match où Aliou Cissé joue sa crédibilité avant la Coupe d'Afrique.
Le Sénégal rentre dans les eaux froides ce mardi soir. Dernier au classement des troisièmes de la phase de groupes des éliminatoires de la Coupe d'Afrique, les Lions de la Teranga affrontaient l'Irak à partir de 21h dans un duel qui ressemble de plus en plus à un match de survie. Pas de suspense ici : Aliou Cissé et ses joueurs ne peuvent tout simplement pas se permettre de perdre. La hiérarchie des groupes de qualification fait que seuls les deux premiers avancements garantissent la participation à la phase finale en 2025. Pour les troisièmes, c'est la révolution. Il faut figurer parmi les quatre meilleurs des six groupes pour prétendre à un billet supplémentaire. En clair, chaque point compte.
Pourquoi le Sénégal ne peut pas se rater maintenant ?
Avant de monter sur le terrain face aux Irakiens, le staff sénégalais sait à quoi il s'expose. Les débuts de ces éliminatoires ont été étonnamment laborieux pour une équipe que tout le monde annonçait dominatrice. Avec seulement 4 points en deux matchs disputés, le Sénégal patauge là où on attendait une marche triomphale. Ce n'est pas une débâcle, mais c'est loin d'être la démonstration de force espérée par la fédération et les supporters de Dakar.
L'arithmétique devient cruelle. Chaque défaite creuse un écart potentiellement insurmontable. À l'inverse, une victoire ramène les Lions dans la bagarre pour les places qualificatives. L'Irak, adversaire à priori plus faible sur le papier, devient donc l'occasion rêvée de redémarrer. Cissé le sait, son vestiaire le sait, et c'est précisément ce qui rend ce match dangereux. L'avantage du favori peut se transformer en prison mentale si la pression monte mal.
Quel visage affichera Aliou Cissé face à l'Irak ?
Voilà la question que se posent les observateurs du football ouest-africain. Le sélectionneur, réputé pour son pragmatisme et sa gestion de groupe, devra trancher entre l'expérience et l'urgence tactique. Contre une équipe irakienne qui ne vient pas en tant que favori, le Sénégal dispose d'une supériorité théorique mais rien ne garantit qu'elle suffira sur le terrain. Les trois derniers mois ont rappelé à Cissé que la hiérarchie du talent ne dicte pas toujours le résultat d'un match de football.
La composition choisie parlera volumes sur la mentalité du coach. Préférera-t-il l'offensive d'entrée pour forcer le destin, ou jouera-t-il plutôt sur la solidité défensive et la transition rapide ? Ces éliminatoires ont montré que le Sénégal souffrait d'inconstance, notamment dans la transition du jeu. Les Irakiens ne possèdent pas les ressources offensives pour vraiment faire mal, mais ils peuvent piéger une équipe désorganisée. C'est souvent comme ça que les meilleures équipes vacillent face à des outsiders.
Peut-on encore parler de favori quand on est dos au mur ?
Le statut de favoris du Sénégal est intact sur le papier, mais il devient de plus en plus théorique. En football, la pression joue des tours. Un favori qui doute, ça commence souvent par des hésitations en première période, des passes imprécises, une agressivité qui ne monte pas comme prévu. L'Irak, lui, arrive sans pression. Ses supporters n'attendent pas une victoire miraculaire. Cette asymétrie mentale peut se transformer en avantage redoutable.
Statistiquement parlant, le Sénégal dispose d'une expérience collective inégalée face aux Irakiens. La différence de classement FIFA, même si ce classement a ses limites, avoisine les 30 places. Sur l'ensemble d'une année, le Sénégal a compilé 8 victoires en 12 matchs, soit un taux de réussite de 66% en 2024. Des données rassurantes sur la durée, mais elles disent peu de chose sur ce qui peut se passer mardi à 21h dans un stade chaud et tendu.
La vraie question n'est donc pas si le Sénégal peut battre l'Irak. La vraie question, c'est comment les Lions vont gérer cette nouvelle situation inconfortable pour une équipe habituée à dominer. Aliou Cissé devra retrouver une certaine sérénité chez ses joueurs, celle qui permet de jouer libéré et non figé. Faute de quoi, même face à l'Irak, le scénario catastrophe de l'élimination précoce pourrait se profiler. Les prochaines semaines de qualification seront décisives pour confirmer ou infirmer la crédibilité du projet sénégalais vers la Coupe d'Afrique 2025.