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Petkovic et l'Algérie, le divorce qui s'accélère

Par Antoine Moreau··3 min de lecture·Source: Footmercato

Après l'élimination en seizièmes de la Coupe du monde 2026 face à la Suisse, Vladimir Petkovic a préféré féliciter ses adversaires plutôt que de gérer la crise avec ses joueurs.

Petkovic et l'Algérie, le divorce qui s'accélère

Vladimir Petkovic a trouvé les mots justes. Mais pas pour ses propres joueurs. Après le 2-0 encaissé contre la Suisse en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur algérien a choisi de louer publiquement la prestation helvétique, esquivant au passage l'obligation de gérer une équipe en miettes et une nation en colère. Un choix qui cristallise le malaise grandissant entre l'entraîneur serbe et son vestiaire.

Pourquoi cette posture défensive de Petkovic surprend-elle autant ?

Face aux caméras, Petkovic s'est montré diplomate envers la Suisse plutôt que combatif envers son propre groupe. C'est l'exact opposé de ce qu'attend une nation déçue. L'Algérie, éliminée dès le deuxième tour, espérait voir son sélectionneur défendre les siens, reconnaître les lacunes tactiques ou au moins afficher de la frustration. Or, le technicien de 59 ans a préféré valoriser l'adversaire, une rhétorique qui laisse transparaître une certaine mise à distance du projet algérien.

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Depuis plusieurs mois, les relations entre Petkovic et son effectif se dégradent. Les critiques pleuvaient déjà lors des phases éliminatoires : manque de créativité offensive, absences défensives répétées, incohérence du système de jeu. Avec ce résultat catastrophique en Coupe du monde, la tension atteint son point de rupture. Une telle posture au moment où l'équipe aurait besoin de cohésion ressemble davantage à une démission morale qu'à du leadership.

Qu'a vraiment montré l'Algérie face aux Suisses ?

Techniquement, l'équipe a souffert d'une absence totale de prise d'initiative. La Suisse a d'ailleurs imposé son jeu pendant 90 minutes, contrôlant le ballon et créant les occasions décisives. L'Algérie, privée de ses meilleurs éléments au cœur du jeu, n'a jamais trouvé d'équilibre. Deux buts concédés, zéro danger réel créé : les statistiques résument l'affaire.

Le sélectionneur algérien avait pourtant eu des semaines pour préparer ce match, loin d'être un surprise. La Suisse, c'était prévisible, détectable, analysable. Or, à en croire l'entourage du vestiaire algérien, peu de travail tactique d'envergure a été mené avant le coup d'envoi. Petkovic a confié à ses hommes une mission sans véritable plan B, sans ajustements pensés à l'avance. Une approche qui contraste avec les exigences d'une Coupe du monde.

Quel avenir pour Petkovic et la Fédération algérienne ?

La question de la continuité se pose naturellement. Petkovic reste sous contrat, mais sa légitimité s'est considérablement érodée. Une élimination précoce en Coupe du monde, c'est lourd. Les précédentes campagnes du sélectionneur avaient déjà soulevé des interrogations : des choix de compo discutables, une gestion d'effectif parfois opaque, une communication envers les médias qui oscillait entre le silence et l'arrogance.

La Fédération algérienne de football doit maintenant prendre une décision. Garder Petkovic signifierait maintenir une trajectoire baissière et accepter une rupture affichée avec le vestiaire. Le limoger représenterait un coût sportif et financier, mais aussi un signal de fermeté. Selon nos informations, certains membres du bureau fédéral penchent déjà vers un changement, estimant qu'une page doit être tournée avant les qualifications pour 2030.

Ce qui ressortira de cette crise, c'est que l'Algérie méritait mieux qu'une gestion de crise empreinte de résignation. Une nation avec le football au cœur de son identité, avec une diaspora investie, avec des joueurs de talent, méritait un sélectionneur qui combattrait jusqu'au bout, pas un technicien qui applaudit poliment ses adversaires en quittant la scène.

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