Revenus de l'enfer face au Japon, les Brésiliens se qualifient en huitièmes de la Coupe du monde. Neymar s'en donne à cœur joie sur les réseaux.
Le Brésil tremblait. À la mi-temps, la Seleção menait 1-0 mais quelque chose clochait. Cette nervosité, cette impatience, cette sensation d'être rattrapé par un équipe venue de nulle part. Le Japon jouait sans complexe à Doha, sans peur, avec cette discipline tactique qui rend fou les grandes puissances. Et puis voilà qu'en seizième de finale de la Coupe du Monde 2026, le plus grand cauchemar sud-américain s'était précisé : être sorti par une équipe d'Asie du Pacifique.
Casemiro a sauvé les Auriverdes. Son but en seconde période a remis la Seleção sur les rails, et finalement, le score s'est établi à 2-1. Pas beau. Pas dominant. Mais suffisant. Voilà ce que c'est que de jouer une Coupe du Monde moderne : même quand tu t'appelles Brésil, même quand tu as gagné cinq fois, même quand tu as dans tes rangs un Neymar à son apogée, tu peux trembler face à une équipe qui a bosé ses schémas et refuse de baisser les yeux.
Quand l'improbable devient réalité
Ce qui rend cette victoire savoureux pour les Brésiliens, au-delà des 90 minutes d'angoisse, c'est qu'elle enterme une prédiction d'un expert allemand qui, quelques jours avant le match, avait prophétisé une victoire du Japon. Un homme qui avait étudié les stats, analysé les tendances, regardé les vidéos. Et qui s'était trompé. Royalement.
Neymar n'a pas manqué l'occasion. Le numéro 10 du Paris Saint-Germain, toujours aussi actif sur les réseaux sociaux, a charrié l'Allemand avec un humour tendre. Parce qu'au foot, quand tu survies, quand tu trouves un but quand tu ne le cherches plus vraiment, tu as le droit de te moquer un peu. C'est la loi non écrite des terrains : celui qui rentre aux vestiaires avec les trois points a raison, peu importe ce que disaient les graphiques avant le coup d'envoi.
Le Japon, lui, s'en va les mains vides. Pourtant, cette équipe n'aura rien volé. Elle a cru. Elle a mis le Brésil en difficulté pendant 70 minutes. Elle a pressé haut, récupéré des ballons, créé l'incertitude. Mais au foot, la bonne intention ne suffit pas. Il faut aussi la réussite. Il faut aussi ce petit détail qui fait basculer un match. Un corner, une déviation, un manque de concentration. Le Brésil l'a eu, le Japon non.
La Seleção survivra-t-elle au tournoi
Reste à savoir si cette qualification arraché ne cache pas des failles bien plus profondes. Car enfin, menés au score contre le Japon en seizième de finale, c'est loin d'être un signe de bonne santé. C'est même inquiétant quand on regarde la suite du tournoi. Les huitièmes arrivent. Puis les quarts. Les demis. Et là, le Brésil ne pourra plus compter sur la chance et l'expérience. Il faudra dominer, convaincre, écaser l'adversaire.
Tité, l'entraîneur, sait ça. Il ne doit pas se laisser bercer par cette victoire de justesse. Le match contre le Japon, c'est un avertissement en rouge. Le Brésil a la talent, oui. Il a Neymar, Vinicius Junior, Rodrygo, tous des joueurs de classe mondiale capable de transcender un match. Mais le talent tout seul, ça ne gagne pas les Coupes du monde. Il faut aussi la solidité défensive. Il faut aussi une organisation capable de neutraliser les ambitions adverses sans s'éparpiller soi-même.
Les chiffres racontent l'histoire : le Brésil a possédé le ballon 62% du temps face au Japon. Mais il a tiré qu'à 8 reprises, dont 4 cadrées. Le Japon, avec 38% de possession, a tiré 5 fois. C'est dire l'efficacité relative de chacun. C'est dire aussi que le football contemporain ne récompense plus l'équipe qui passe 90 minutes à faire du Tiki-taka. Il récompense celle qui sait enfoncer le clou quand l'occasion se présente.
- 62% de possession pour le Brésil contre 38% pour le Japon
- 8 tirs brésiliens (4 cadrés) contre 5 japonais
- 2026 : une Coupe du Monde que le Brésil n'a pas remportée depuis 2002
Neymar sourira sur les réseaux sociaux. Les supporters brésiliens célèbrent dans les rues. L'expert allemand, lui, réfléchit à sa prochaine prédiction. Mais derrière cette qualification qui ne fait pas rêver, derrière cette victoire qui sent la sueur et le stress, il y a une certitude : le Brésil est vulnerable. Et dans une Coupe du Monde, les équipes vulnérables, elles sortent par la porte de derrière.