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Ancelotti sort du silence sur l'absence de Neymar contre le Japon

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Après la victoire étriquée du Brésil face au Japon (2-1), Carlo Ancelotti explique pourquoi la star n'a pas foulé la pelouse. Un choix qui divise.

Ancelotti sort du silence sur l'absence de Neymar contre le Japon

Il y a des silences qui parlent plus fort que mille paroles. Celui de Carlo Ancelotti, jeudi soir, en conférence de presse après la sueur froide du Brésil face au Japon (2-1), en faisait partie. Parce que oui, Neymar n'a pas joué. Et non, personne n'attendait vraiment cette explication de la part du sélectionneur italien, réputé plutôt avare de ses mots en pareille circonstance. Pourtant, elle venait, cette explication. Elle était même nécessaire.

Pourquoi Ancelotti a-t-il laissé Neymar sur le banc?

La réponse n'est pas celle qu'on aurait pu imaginer en regardant les premiers échanges du match. Le Brésil dominait sans convaincre, le Japon attendait ses occasions avec une discipline militaire typique du football nippon. Ancelotti avait choisi une composition de départ classique, efficace, mais sans étincelle. Et Neymar? Il était dans le costume du remplaçant.

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L'entraîneur milanais a expliqué sa stratégie avec une logique qui ressemble à du calcul. La fatigue accumulée du numéro dix était au cœur de son raisonnement. Pas une blessure fraîche, pas une suspension, mais cette usure discrète, celle qui ronge les athlètes de haut niveau sur la durée. Neymar avait enchaîné les déplacements, les matchs, les efforts. Et puis il y avait la suite : les huitièmes de finale, où le Brésil aurait besoin de ses meilleures armes à leur plus haut niveau. Reposer la star pour mieux la préserver, voilà le calcul d'Ancelotti.

Sauf que cette logique a failli se retourner contre lui. Parce qu'il y a eu ces vingt minutes de panique, ces moments où le Japon a cru, vraiment cru, que l'impensable se produirait. Un élimination du Brésil en phase de groupes? L'histoire de la Coupe du Monde en aurait tremblé.

La Canarinha aurait-elle vraiment eu besoin de Neymar ce jour-là?

C'est la question qui brûle les lèvres de chaque supporter brésilien ayant regardé cette rencontre jusqu'au bout. Sur le terrain, Vinícius Júnior et les autres avaient suffisamment de ressources pour débloquer la situation. Ils l'ont fait, d'ailleurs. Deux buts marqués, deux buts qui sauvent le groupe, qui envoient le Brésil en huitièmes en tant que deuxième du groupe. Deux buts que Neymar n'a jamais eu l'occasion de célébrer depuis les tribunes.

Mais voilà le piège du contrefactuel. Aurait-il fallu entrer en jeu plus tôt? Ancelotti a attendu, attendu, puis finalement introduit son génie créatif en cours de route. Un geste classique du manager qui garde ses ressources sous le bras. Sauf qu'avec une marge de deux buts, le génie en question venait ressembler à du luxe plutôt qu'à une nécessité. Le match était déjà plié, ou du moins suffisamment assuré pour que Neymar puisse rester au chaud.

Il faut comprendre aussi que Neymar, à ce stade de la compétition, n'est pas n'importe quel joueur à ménager. C'est l'architecte offensif du Brésil. Ses passes, son dribble, sa verticalité : voilà ce qui fait la différence contre les grands équipes. Pas contre le Japon, visiblement. Ancelotti a lu le match, détecté que ses effectifs actuels pouvaient gérer sans l'artiste principal. Un pari qui a tenu, même s'il a fallu transpirer.

Quel impact ce choix aura-t-il sur les huitièmes?

Neymar arrive en huitièmes frais. Ou du moins, plus frais. C'est une arme qu'Ancelotti aura préservée, à l'image d'un entraîneur d'échecs gardant sa reine pour la phase de mille coups décisifs. Contre quels adversaires? Cela dépendra des autres résultats du groupe. Mais qu'importe l'identité de l'opposant, le Brésil sera soulagé d'avoir récupéré son créateur de jeu à un moment où chaque parcelle d'énergie comptera.

Ce calcul de préservation, pourtant, révèle quelque chose d'intéressant sur la vision d'Ancelotti. Il ne croit pas au héros unique qui résout tout en quatre-vingt-dix minutes. Il croit aux rotations, à la gestion des ressources, à cette philosophie managériale qui a fait ses preuves à Madrid, à Naples, à Milan. Le Brésil n'est pas une machine à dominer 90-0; c'est un bloc humain, avec ses fatigues, ses limites, ses phases. Accepter de laisser reposer Neymar contre le Japon, c'est accepter que cette Coupe du Monde se jouerait sur cinq ou six matchs au moins, pas sur un.Reste à vérifier que cette sérénité affichée en sortant du stade n'était pas une façade. Car deux buts à deux buts, c'est un scoreline qui pardonne rarement en Coupe du Monde. Ancelotti le sait. Et il le reverra ce soir-là, certainement, avant de s'assurer que Neymar sera bel et bien prêt pour la vraie bataille.

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