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Maroc-Pays-Bas - quand Hakimi frôle l'exploit qui aurait changé la suite

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Une transversale d'Achraf Hakimi a failli décider du match entre le Maroc et les Pays-Bas en deuxième période. Ce moment cristallise la tactique marocaine et ses limites face à la solidité néerlandaise.

Maroc-Pays-Bas - quand Hakimi frôle l'exploit qui aurait changé la suite

Il existe des instants de football qui ne se resolvent pas au tableau d'affichage mais qui, rétrospectivement, racontent l'histoire réelle d'une rencontre. Celui-ci appartient au Maroc, survenu en deuxième période face aux Pays-Bas: Azzedine Ounahi adresse un ballon parfait dans le dos de Nathan Aké, la défense orange vacille, Achraf Hakimi se projette en transversale avec cette aisance qu'on lui connaît. L'occasion était là, à portée de pied. Elle ne rentra pas. Mais elle aurait pu tout basculer.

Pourquoi cette action résume la copie marocaine ce jour-là?

Depuis Doha 2022, le Maroc a construit son image sur une certitude tactique: ne jamais renoncer au bloc, mais cultiver la verticalité quand elle se dessine. Walid Regragui avait gravé ce principe dans le marbre lors de la Coupe du monde précédente. Face aux Pays-Bas, les Marocains ont longtemps titillé cette philosophie sans la concrétiser. Cette transversale de Hakimi en incarne la quintessence.

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L'action s'inscrit dans une séquence où le Maroc accumule 58% de possession, chiffre impressionnant pour une équipe réputée défensive. Mais posséder le ballon ne signifie pas le transformer. Ounahi, élément clé de cette construction médiane, trouve Hakimi à l'entrée de la surface. Le latéral du Paris Saint-Germain, doté de cette accélération soudaine qui caractérise son jeu, devrait concrétiser. Son envoi rasant traverse la surface sans trouveur. C'est le symptôme d'une équipe marocaine qui joue mieux mais qui pèche dans la précision du dernier geste.

Ce qui fascine ici, c'est que le Maroc ne se contente pas de défendre bêtement. Il y a une stratégie. Regragui a demandé à ses joueurs de ne pas être passifs mais d'exploiter les espaces en transition ou lors de séquences de possession longue. Cette transversale en était l'illustration parfaite: patient dans la construction, puis instantanément tranchant. Sauf que « instantanément tranchant » n'a duré que deux secondes.

Les Pays-Bas auraient-ils pu craquer à ce moment du match?

La question mérite d'être posée parce que la défense néerlandaise, à cet instant précis, montre des signes de fatigue. Aké, ce défenseur central qui dépanne Manchester City en latéral gauche, s'est fait surprendre par la finesse du passe d'Ounahi. Pendant quelques secondes, Virgil van Dijk et ses compagnons semblent en retard d'une ligne.

Ronald Koeman sait que son équipe, moins dominatrice qu'à l'accoutumée, joue sur la tolérance marocaine. Le sélectionneur néerlandais a installé ses hommes dans un 4-2-3-1 relativement compact, conscient que contre ce type d'adversaire, la solide n'est jamais acquise. Mais craquer? Non. C'est précisément ce que les Pays-Bas ne font pas: ils encaissent les assauts marocains avec une certaine fatalité, comme s'ils savaient que rien ne rentrerait vraiment.

Cette confiance tranquille des Néerlandais, fruit de leur pedigree européen, contraste avec la frénésie marocaine d'en finir rapidement. Hakimi aurait dû marquer. Mais même s'il l'avait fait, aurions-nous parlé d'une renaissance marocaine ou simplement d'un buteur qui fait son travail? Les Pays-Bas, eux, ne se posent pas ces questions métaphysiques. Ils attendent, ils comptent sur l'expérience. Et cela fonctionne souvent.

Que reste-t-il à cette équipe du Maroc pour croire en ses chances?

Voilà peut-être la question qui obsède les supporters marocains depuis la sortie du groupe. Cette action contre les Pays-Bas illustre un paradoxe: le Maroc montre des moments de jeu subtils, des transitions rapides, des phases construites intelligentes. Mais quelque chose s'enraye systématiquement avant l'arrivée au but. Est-ce une malédiction? Un manque de tueur? Ou simplement le reflet honnête d'une équipe capable de performances notables mais incapable de les transformer en résultats décisifs?

Ounahi, justement, incarne cette tension. Talent incontestable, il ne brille que par intermittences sous le maillot national. Hakimi, trop souvent présenté comme un attaquant par ses clubs, doit accepter un rôle plus défensif avec le Maroc. Régragui navigue entre deux ambitions contradictoires: séduire sans prendre de risques, se montrer ambitieux sans basculer dans l'inconscience tactique.

Cette transversale du latéral parisien, elle devait symboliser l'ascension marocaine vers les phases éliminatoires avec panache. Elle cristallise plutôt les frustrations d'une équipe prisonnière de son propre système. Capable de bien joueur. Incapable, jusqu'à présent, de convaincre celui qui compte vraiment: le gardien adverse.

La vraie question n'est pas si le Maroc aurait pu craquer face aux Pays-Bas, mais si cette équipe trouvera un jour la fluidité offensively qu'elle recherche. Ce match laisse entrevoir qu'elle en possède les briques. Encore faut-il apprendre à les assembler avant que ne sonne le dernier sifflet.

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