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Angleterre blanchie par le Ghana, la presse anglaise sort les couteaux

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

Match nul sans saveur face au Ghana, et voilà les médias britanniques qui enfoncent les Three Lions. Gareth Southgate et ses hommes découvrent que la confiance, ça se gagne à chaque match.

Angleterre blanchie par le Ghana, la presse anglaise sort les couteaux

Zéro but, zéro inspiration, zéro certitude. C'est ce que l'Angleterre a ramené de son déplacement au Ghana mardi soir, et les conséquences médiatiques outre-Manche ressemblent à un tribunal populaire en session permanente. Les Three Lions n'ont pas marqué, n'ont pas convaincu, et surtout n'ont pas montré cette domination que les supporters anglais attendaient après leur parcours jusqu'à la finale de l'Euro 2024. Le 0-0 face à une sélection ghanéenne combative mais loin d'être de premier plan a ravivé tous les doutes qui planaient déjà sur cette équipe.

Quand l'Angleterre se cherche sans la trouver

Gareth Southgate a aligné ses joueurs avec l'habituelle confiance de celui qui a habitué son public à des performances décentes, mais mardi soir, le résultat a pris la forme d'une énigme sans réponse. Les Three Lions ont eu le ballon, bien sûr, mais le Ghana n'a jamais vraiment eu l'air impressionné. Ce n'est pas tant que les Anglais aient joué mal, c'est qu'ils n'ont pas joué vraiment. Pas d'éclairs, pas de moments où tu te dis « attention, ça va craquer », rien qui ressemble à une équipe en quête d'une Coupe du Monde.

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Les médias anglais ont immédiatement saisi l'occasion. The Times y a allé de son diagnostic sans concession, évoquant une sérieuse remise en question nécessaire avant la suite des éliminatoires pour 2026. Sky Sports a parlé de « performance invisible » de plusieurs éléments clés de l'équipe. Et puis il y a eu le Telegraph, qui n'a pas mâché ses mots : après avoir porté l'Angleterre jusqu'en finale continentale l'été dernier, voilà que Southgate doit justifier pourquoi ses joueurs ressemblaient à des touristes en vacances en Afrique de l'Ouest.

La frustration anglaise prend racine quelque part de précis. Ce groupe possède des talents individuels redoutables — Harry Kane, Jude Bellingham, Bukayo Saka ne sont pas des anonymes. Mais face au Ghana, ces noms ont semblé très ordinaires. Les passes manquaient de précision, l'attaque manquait d'allant, et la défense, elle, n'a jamais eu à trembler. Pour une équipe qui visait une qualification sereine en zone CONCACAF, c'est le signal que les choses ne vont pas de soi.

L'Euro encore chaud, la réalité déjà froide

Voilà le paradoxe anglais : après avoir échoué si près du rêve continental il y a quelques mois seulement, la sélection doit maintenant construire sa route vers 2026 dans un contexte où rien ne semble acquis. Les Three Lions avaient pourtant montré des progrès nets durant la compétition européenne, se mêlant à la lutte finale avant de plier contre l'Espagne en finale. Cela avait établi un socle de confiance, une impression que l'équipe était en marche vers quelque chose.

Mardi, ce socle a craqué, ou du moins s'est avéré moins solide qu'on ne le pensait. Le Ghana n'avait rien d'un géant du football africain, ce qui rend d'autant plus cruelle la lecture de ce résultat. Avec 21 matches sans défaite avant cette rencontre, l'Angleterre avait tissé une trame de solidité qui fait maintenant figure d'illusion. Les journalistes anglais rappellent utilement que les éliminatoires pour la Coupe du Monde exigent de la constance, de la faim, de cette capacité à écraser les adversaires supposément moins titrés. Or, c'est exactement ce qui a manqué mardi.

Southgate, qui a souvent été critiqué pour sa gestion tactique mais jamais vraiment pour ses résultats dans la durée, voit soudain sa légitimité questionnée plus sérieusement. Pas parce qu'un match nul condamne un projet, mais parce qu'il révèle une fragilité que personne n'attendait à ce stade. Les Three Lions devaient montrer leur faim pour 2026. Ils ont montré une équipe fatiguée, peut-être, ou mal préparée à la transition post-Euro. Peut-être les deux.

Les éliminatoires ne pardonnent pas les distractions

Ce qui rend cette affaire sérieuse, c'est la suite immédiate du calendrier. L'Angleterre ne peut pas se permettre une série de résultats décevants si elle veut accéder à la Coupe du Monde 2026 sans stress majeur. Les éliminatoires CONCACAF offrent parfois des pièges — des équipes qui s'accrochent, des terrains difficiles, des conditions qui usent le moral. Une sélection anglaise surpassée par le Ghana sur le plan émotionnel et physique envoie un signal d'alarme que nul ne peut ignorer.

La presse britannique, déjà échaudée par les débuts de cette campagne, n'a pas attendu longtemps pour explorer les solutions. Faut-il revoir la composition de l'équipe ? Y a-t-il un problème de leadership ou de mentalité ? Bellingham, auteur d'une grande saison au Real Madrid, aurait-il besoin d'être libéré de certaines contraintes tactiques ? Autant de questions qui, il y a trois mois, auraient semblé saugrenues après l'Euro. Elles ne le sont plus.

L'Angleterre disposait d'une opportunité en or de débuter sa qualification pour 2026 par une démonstration de force. Elle a opté pour l'invisibilité collective, ce qui, au football, ressemble à une abdication temporaire. Southgate et son staff devront convaincre qu'il ne s'agit que d'un accident de parcours, un match sans intention particulière avant de basculer dans le mode compétition. Mais les éliminatoires mondiales, ça ne tolère pas ces lubies.

La suite sera instructive. Si l'Angleterre redécolle rapidement, ce 0-0 au Ghana ne comptera comme rien de plus qu'un petit creux. Mais si la machine continue à cahoter, alors Southgate et ses joueurs risquent de vivre un parcours bien plus chaotique que prévu vers la Coupe du Monde nord-américaine. La presse anglaise attend le prochain acte avec les dents qui grincent.

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