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Gaël Kakuta ferme le rideau après une dernière danse avec la RD Congo

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Le milieu de terrain quitte les terrains à 35 ans, son aventure internationale s'achevant sur une élimination précoce face à l'Angleterre. Une retraite qui marque la fin d'une trajectoire atypique.

Gaël Kakuta ferme le rideau après une dernière danse avec la RD Congo

Il y a parfois une certaine élégance dans la façon dont se terminent les carrières. Celle de Gaël Kakuta ne sera pas spectaculaire, ni triomphale, mais elle aura au moins le mérite de la clarté. À 35 ans, le milieu de terrain franco-congolais a décidé que ce revers de la RD Congo face à l'Angleterre en seizièmes de finale de la Coupe du Monde 2026, ce match perdu 2-1 qui fermait les portes du tournoi, serait son dernier. Pas de traîner en longueur, pas de contrats signés d'une main tout en annonçant de l'autre que c'était terminé. Juste cette décision, définitive et sans appel.

Kakuta aura traversé le football professionnel comme on traverse un continent chaotique : en prenant tous les chemins, en subissant des turbulences, en découvrant des paysages inattendus. Chelsea, Lens, Amiens, Fulham, Charleroi, Huesca, Cherbourg, Ostende, Shakhtar, Auxerre... le décompte des clubs qu'il a fréquentés ressemble à celui des cartes de fidélité d'un voyageur perpétuel. Ce n'était jamais vraiment un hasard. Kakuta était ce type de joueur que les clubs rêvent d'avoir sous la main mais que peu savent gérer, ce mélange instable de talent brut et de fragilité contractuelle.

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Le prix de l'ambition précoce

Débuter à Chelsea à 16 ans, c'était déjà très loin du fonctionnement habituel du football français. Roman Abramovitch avait jeté son argent sans compter, créant une machine à absorber les jeunes talents prometteurs. Kakuta était l'un de ces pions censés grandir dans le luxe britannique. Mais il y a toujours une différence entre la promesse et la réalité. Les blessures, les blessures surtout, ont entamé son potentiel initial. Cette fragilité physique qui l'a poursuivi durant deux décennies transformait chaque apparition en miracle et chaque absence en cauchemar pour ses clubs.

Ce qui frappe, regardant son palmarès aujourd'hui, c'est précisément ce qui ne s'y trouve pas. Pas de titre de champion de France, pas de coupe majeure, pas d'apparition décisive en Ligue des champions. Kakuta aura été ce joueur qu'on admirait en clips vidéo YouTube, cet artiste de la déviation et du contrôle du ballon qu'on suivait de loin en loin lorsqu'il réapparaissait sur un terrain. Une carrière fragmentée qui s'évalue moins en trophées qu'en moments : cette maestria technique que peu possédaient, cet art de la passe enroulée, cette vision du jeu qu'aucune blessure ne pouvait vraiment abîmer.

Son choix de représenter la RD Congo plutôt que la France, dès 2014, était une décision chargée de sens. Plus de 40 sélections pour les Léopards, pas un titre continental à la clé, mais une fidélité qui dépassait largement la simple opportunité de jouer. C'était l'affirmation d'une identité, celle du fils de Zaire qui refusait la route trop facile du football français pour honorer ses racines.

Quand l'âge rattrape les rêves

À 35 ans, un footballeur de son calibre technique aurait pu continuer dans les championnats mineurs, ramasser les contrats de fin de carrière, allonger l'histoire. Beaucoup le font. Kakuta a choisi différemment : ranger les crampons au moment où l'équipe nationale lui signifiait que son époque était révolue. Il y a une dignité dans cette décision, même si elle arrive sur un coup d'élimination plutôt que sur un sommet atteint.

Ce qui restera de Kakuta, finalement, ce n'est jamais ce qu'il a remporté en nombre de trophées. C'est cette grâce technique dans un milieu de terrain qui en manque cruellement, ces performances qui apparaissaient comme des îlots de pure maîtrise. À Auxerre notamment, où il a terminé sa carrière européenne, il s'était transformé en passeur de vérité pour les plus jeunes, en exemple vivant de ce que pouvait produire une génération d'avant.

L'élimination face à l'Angleterre lors de la Coupe du Monde 2026 ferme une boucle qui avait commencé à Chelsea, cette terre anglaise où tant de promesses s'étaient évanouies dans les couloirs des centres d'entraînement londoniens. Trente-cinq ans plus tard, il repartait de cette même rive sans fanfaronnade. Juste un joueur qui avait donné ce qu'il pouvait donner, quand il pouvait le donner. C'est peut-être la seule victoire qui compte vraiment, en fin de compte.

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