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Football

Lens enfin sacré - Thauvin et la revanche des oubliés

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Soixante-trois ans après sa fondation, le RC Lens soulève enfin un trophée majeur en dominant Nice 3-1 en finale de Coupe de France. Florian Thauvin, symbole de cette ascension, goûte à son premier titre en club.

Lens enfin sacré - Thauvin et la revanche des oubliés

Florian Thauvin a attendu treize ans pour connaître ça. Treize ans de carrière professionnelle, entre Marseille, Parme, Donetsk, Monaco et même Galatasaray, avant de vivre l'instant où un trophée se grave à jamais dans votre palmarès. C'était mercredi soir au Stade de France. Le RC Lens venait de terrasser l'OGC Nice 3-1 en finale de Coupe de France, et Thauvin, auteur d'un but et d'une passe décisive, incarnait à lui seul cette épopée improbable : celle d'un club qui n'avait jamais rien remporté, et qui venait de le prouver au monde.

Quand Lens sort enfin de l'oubli

Soixante-trois ans. C'est l'âge du Racing Club de Lens quand il a enfin soulevé un trophée majeur. Une éternité dans le calendrier sportif français, une génération complète de supporters passée sans goûter à la gloire. Fondé en 1960, le club artésien avait flirté avec les plus beaux jours — première place de Ligue 1 en 1998 et 2000, finales de Coupe de France, périodes dorées au tournant du millénaire — mais le dernier pas vers le sommet restait obstinément franchi par d'autres. Nice lui-même, son adversaire du jour, possédait déjà trois Coupes de France. Lens, zéro.

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Cette finale contre les Aiglons avait des allures de dénouement écrit à l'avance par la malveillance. Lens arrivait de sa meilleure saison en deux décennies : deuxième du championnat, 76 points, un scénario de film qui semblait connaître la suite tragique habituelle. Le football français, dans ses habitudes aristocratiques, n'aime pas bousculer l'ordre établi. Or, le RC Lens n'était pas présenté comme un candidat sérieux à la Coupe. C'était Monaco qui venait de tomber, puis Rennes, puis finalement Nice, battu par trois buts à un.

Thauvin a marqué dès la 22e minute, puis servi Salis Abdul Samed qui a alourdi le score. L'attaquant marseillais, revenu dans un club moins séduisant sur le papier que celui qu'il avait quitté, réécrivait son histoire personnelle en repassant par la case « gagnant ». Parce que c'est là l'essentiel : Thauvin n'était jamais entré dans une arène où son nom serait gravé au palmarès. À 31 ans, après les pépites stériles, les transferts prestigieux sans titre, les saisons de grande qualité personnelle restées orphelines de récompense collective.

De Makoun à Florian, la malédiction endémique

L'histoire de Lens, c'est celle d'une mécanique brillante qui s'était toujours enrayée au pire moment. Jean-Claude Makoun, Mohamed Sylla, Olivier Paz : des générations de joueurs formidables ont porté le maillot sang et or sans jamais décrocher un prix. La Ligue 1 du début des années 2000 les connaissait, les respectait, les craignait même — le stade Bollaert-Delelis grondait, les techniciens lensois mettaient en place une philosophie élégante — mais le trophée manquait.

Franck Passi avait bâti quelque chose à Lens. Philippe Hinschberger aussi. Pour autant, quand vous consultez le palmarès, vous trouvez Paris qui gagne tout, Saint-Étienne qui règne dans les années 70, Marseille qui brille, Bordeaux qui scintille. Lens reste une note en bas de page, une équipe de tradition sans la couronne qui justifie ce statut. C'est presque une exception française : une ville de football, des supporters passionnés, une infrastructure reconnue, mais pas un titre majeur à la clé.

Franck Haise, nommé en 2021, a compris qu'il fallait construire autrement. Pas en sollicitant les éternelles stars du marché, mais en valorisant une certaine idée du collectif, de la solidité défensive fusionnée à un jeu de circulation épuisant pour l'adversaire. Jonathan Clauss en latéral, Salis Abdul Samed au cœur du jeu, Wesley Saïd en attaque : l'effectif semblait construit pour tenir une saison, pas pour la transformer en légende. Et puis cet effectif s'est durci au fil des semaines, jusqu'à devenir une machine comptant 76 points en Ligue 1, chiffre faramineux pour un club qui sortait de deux saisons en Ligue 2.

Au-delà du trophée, le signal d'un vrai projet

Reste la question de la durabilité. Le football français est friand de ces histoires qui montent comme des fusées et s'écrasent tout aussi vite. Quand on observe les effectifs de ces clubs sur-performants — ceux qui cassent les codes — on remarque invariablement le même schéma : les meilleurs éléments reçoivent trois mois plus tard des offres irrefusables. Clauss vient de rejoindre Marseille. Salis pourrait suivre. Thauvin lui-même n'aura jamais garanti d'éternité.

Pourtant, cette Coupe de France arrachée à Nice signifie quelque chose d'immuable : le RC Lens existe maintenant dans les archives du prestige sportif français. Les historiens qui fouillent les palmares ne l'ignoreront plus. Et cela, pour un club qui a trop souvent souffert de l'invisibilité, constitue une révolution.

La question n'est plus si Lens peut revenir demain — le football est imprévisible, les effectifs se dispersent, les cycles se bouclent. La question est : ce titre crée-t-il suffisamment d'inertie pour que le club attire autrement, retienne différemment ? Si oui, alors Thauvin, en frappant ce ballon mercredi soir, a peut-être signé bien plus qu'une victoire. Il a peut-être offert à Lens les clés pour exister enfin.

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