Après le nul contre la RDC (1-1), Roberto Martinez doit réévaluer sa stratégie. Le Portugal stagne en préparation pour le Mondial américain.
Le match nul du Portugal contre la République démocratique du Congo (1-1) a sonné comme un signal d'alarme dans le vestiaire de Roberto Martinez. En préparation pour la Coupe du monde 2026 qui se déroulera aux États-Unis, les Portugais ne montent pas la machine comme prévu. Le sélectionneur espagnol, nommé à la tête de la Seleção après l'Euro 2024, doit maintenant affronter une réalité qui dépasse largement le simple résultat: son projet en est encore aux balbutiements.
Le constat que tire Martinez après ce match sans saveur confirme ce que les observateurs redoutaient. La reconstruction prendra du temps. Il y a dix-huit mois pour peaufiner les mécanismes défensifs, affiner les phases offensives, créer cette osmose collective qui fait les grands tournois. Le Portugal ne peut pas se permettre de tâtonner à ce stade.
Un Portugal en quête d'identité tactique
Depuis son arrivée, Martinez tente de transformer le Portugal. C'est un pari ambitieux après l'époque Fernando Santos, qui avait mené les Portugais à la victoire de l'Euro 2016. Mais le sélectionneur doit composer avec un groupe vieillissant où Cristiano Ronaldo n'est plus une solution offensive fiable, où les cadres défensifs approchent de la fin de carrière, et où la jeunesse tarde à franchir les étapes.
Le match contre la RDC l'illustre parfaitement. Une sélection de troisième rideau africain pouvait se présenter comme un adversaire de choix pour roder les automatismes. Au lieu de cela, le Portugal a buté sur une équipe compacte, sans jamais vraiment imposer son jeu. Les statistiques possessionnelles le disent: 58 pour cent de possession pour les Portugais, mais combien de tirs à cadrer? L'efficacité devient une denrée rare.
Martinez avait prévenu ses joueurs avant la rencontre. Le message était clair: pas de complacence, pas d'improvisation. Et pourtant, c'est exactement ce qui s'est produit. Des erreurs techniques basiques, des coupes de balle mal dosées, une animation offensive trop lente pour un contexte de Coupe du monde. Le sélectionneur ne cache pas sa déception. Pour lui, cet accroc rappelle que le gap entre l'ambition et la réalité existe bel et bien.
Vers une remise en question des hiérarchies?
Le match nul force Martinez à repenser sa hiérarchie offensive. Bruno Fernandes doit être le moteur du jeu portugais, mais l'homme de Manchester United ne peut pas tout porter sur ses épaules. Il faut des pistons actifs, des attaquants qui pressent haut, une construction collective au lieu d'une galaxie de talents individuels attendant que l'un d'eux fasse briller les autres.
Dans les coulisses, le débat s'est déjà ouvert. Faut-il relancer certains frères Guerreiro pour plus de dynamisme sur les flancs? Doit-on prendre plus de risques offensivement en misant sur les jeunes talents plutôt que de s'accrocher à un conservatisme défensif? Martinez réfléchit. Il doit réfléchir. L'entraîneur, avant de prendre les commandes du Portugal, avait montré une certaine audace tactique avec la Belgique. On attend qu'il la retrouve.
Car il y a urgence. Les dix-huit prochains mois seront décisifs. Le Portugal, s'il veut revenir à son niveau et peser dans ce Mondial 2026 face à des adversaires de bien meilleure trempe que la RDC, doit trouver ses repères rapidement. Chaque match de préparation compte. Chaque erreur laisse des traces. Et cette égalité contre une équipe qui n'ira jamais se battre pour le trophée pèse lourd dans le mental collectif.
L'horloge tourne pour la Seleção
Les prochains mois seront cruciaux. Les qualifications pour 2026 commencent bientôt, et Martinez ne peut plus se permettre de douter publiquement de ses choix. Les supporters portugais, habitués à une autre approche, attendent des résultats et une clarté tactique. Le sélectionneur doit transformer cette égalité décevante en leçon, en ajustements, en progrès mesurables.
Le Portugal possède les armes. Certes, la génération dorée vieillit, mais des talents arrivent. Bruno Fernandes reste une référence, même s'il ne peut pas jouer les outsiders du tournoi à lui seul. L'enjeu, pour Martinez, est de créer une véritable équipe où les individualités épousent un projet collectif solide.
Cette nuit contre la RDC aura au moins eu le mérite de clarifier les urgences. Le sélectionneur a eu son diagnostic. À lui de prescrire le remède avant que la situation ne s'envenime. La route vers 2026 vient de commencer, et les premiers pas sont chancelants.