Le sélectionneur portugais défend farouchement Cristiano Ronaldo après le nul contre la RDC (1-1). Roberto Martinez refuse le procès d'intention contre sa star.
Quand un entraîneur monte au créneau pour défendre son capitaine en pleine conférence de presse, c'est que quelque chose grince. Roberto Martinez l'a bien compris hier soir après le match nul décevant du Portugal face à la RDC (1-1). Plutôt que de laisser courir les rumeurs et les critiques qui s'abattaient déjà sur Cristiano Ronaldo, le sélectionneur portugais a préféré éteindre l'incendie avant qu'il ne devienne ingérable. Un signal fort, politique presque, à quelques mois de la Coupe du monde 2026.
Le Portugal ne pouvait pas se permettre ce faux pas
Une équipe qui jouait à domicile, face à une adversaire largement à portée, et qui rentre avec un seul point. Voilà le contexte dans lequel baignait cette rencontre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. Les Portugais avaient l'obligation de gagner pour rester dans le peloton de tête des qualifications africaines... attendez, non, c'est la zone CONMEBOL. Ce détail en dit long sur la confusion qui a régné autour de ce match, tant l'enjeu sembla disproportionné à la prestation livrée.
Martinez connaît le jeu. En football, quand le résultat ne suit pas, la machine médiatique cherche un coupable. Et quel meilleur coupable qu'une légende vieillissante? Ronaldo, c'est facile. Cristiano Ronaldo reste le visage du Portugal sur le plan international, mais aussi le plus exposé aux jugements hâtifs. À 39 ans, chaque geste est décortiqué, chaque non-dribble est interprété comme un signe de fin. Le sélectionneur n'a pas cédé à cette pente glissante.
Martinez refuse de sacrifier sa vedette sur l'autel des critiques
La défense de Roberto Martinez n'avait rien d'une simple formule de politesse diplomatique. C'était une affirmation de principe, presque un ultimatum aux commentateurs qui commençaient déjà à réclamer la retraite de leur meilleur passeur de tous les temps. Le technicien a mis l'accent sur les aspects collectifs, sur la solidité défensive, sur la gestion émotionnelle d'une rencontre qui n'était finalement que la première d'une longue campagne de qualification.
Ce n'est jamais anodin quand un sélectionneur monte aussi ostensiblement au créneau. Cela signifie plusieurs choses. D'abord, qu'il sent la pression monter dans les vestiaires et dans les rues de Lisbonne. Ensuite, que Ronaldo reste absolument central dans son projet sportif pour la Coupe du monde 2026. Il n'y a qu'à voir le temps de jeu accordé au buteur en fin de carrière pour le comprendre.
Martinez sait aussi que les critiques précoces tuent les groupes. Elles créent des lignes de fracture, des clans, des incompréhensions. En défendant publiquement Ronaldo, il protégeait en réalité l'intégrité collective du projet portugais. Un message adressé autant aux joueurs qu'aux médias: ici, on ne divise pas, on avance ensemble.
La Coupe du monde sera le vrai test
Il reste un peu plus de deux ans avant que le Portugal n'aborde la Coupe du monde 2026. Deux ans, c'est une éternité dans le football moderne, mais aussi un délai suffisant pour que certains questionnements deviennent urgents. Ronaldo aura alors 41 ans. Il ne sera probablement plus aussi décisif qu'il l'a été à Al-Nassr, où il a inscrit 50 buts en 43 matchs. Les exigences physiques du football de sélection, même affaiblies, restent implacables.
Mais voilà le piège pour Martinez: défendre Ronaldo aujourd'hui, c'est aussi accepter que ce même Ronaldo puisse devenir un fardeau lors de l'épreuve suprême. L'entraîneur espagnol parie sur l'expérience, sur la capacité de son capitaine à transformer un groupe en force collective plutôt que sur sa performance brute. C'est un pari respectable, mais qui ne pardonnera aucune faiblesse au moment des grands rendez-vous.
Le nul contre la RDC n'est donc pas juste un résultat décevant de qualification. C'est aussi un moment où un sélectionneur affirme sa vision, ses priorités, ses certitudes. Martinez a choisi son camp: celui de Ronaldo. Il lui revient désormais de prouver que cette fidélité ne relève pas de la nostalgie, mais d'une véritable stratégie gagnante pour 2026.