Al-Sadd a tenté l'opération pour le défenseur marocain de l'OM. Avec sa clause à 15 millions, Nayef Aguerd pourrait bien quitter la Canebière cet été.
Quinze millions d'euros. C'est le prix affiché sur la porte de sortie de Nayef Aguerd. Le défenseur central marocain de l'Olympique de Marseille dispose d'une clause de départ activable cet été, et les courtisans se manifestent déjà. Al-Sadd, le géant qatari, a d'ailleurs frappé à la porte ces derniers jours, comprenant que le joueur pourrait être libérable à un tarif raisonnable. Pas assez pour forcer le bras à De Zerbi, mais suffisant pour que l'OM écoute les propositions.
Une opportunité que les Qataris ne pouvaient ignorer
Depuis son arrivée à l'OM en janvier 2022 en provenance de West Ham pour 13 millions d'euros, Aguerd n'a jamais vraiment trouvé ses marques sur la Canebière. Quarante-trois matchs en deux ans et demi, c'est peu pour un défenseur censé constituer l'assise défensive d'un projet ambitieux. Les blessures ont souvent entravé sa continuité. À 27 ans, l'international marocain compte 28 sélections avec le Maroc, une expérience respectable qui fait de lui une figure de prestige en Afrique du Nord. Al-Sadd le sait, et c'est probablement ce qui a motivé la tentative.
Le club qatari navigue depuis deux saisons dans une phase de reconstruction. Après le départ de joueurs majeurs, Al-Sadd a besoin de consolider sa défense. Un profil comme Aguerd, avec son bagage européen et son aura continentale, correspond exactement à ce type de projet. Le coût est maîtrisé, la clause clairement définie dans le contrat marseillais. Logiquement, pourquoi ne pas essayer ? Pour Al-Sadd, c'est une décision stratégique sans risque excessif.
À Marseille, ce départ arrange plutôt les affaires
Roberto De Zerbi n'a jamais caché son envie de restructurer l'effectif défensif dès son arrivée cet été. Aguerd traîne l'étiquette de joueur peu fiable physiquement. Entre septembre 2022 et janvier 2023, il n'a disputé que deux rencontres de Ligue 1. Cette fragilité est devenue chronique, et le nouvel entraîneur italien veut bâtir sur des fondations solides. Avec Bailly et Murillo déjà dans les tuyaux, libérer une place dans la hiérarchie défensive n'est pas un problème.
Financièrement aussi, l'opération fait sens. Quinze millions d'euros, ce n'est pas peanuts pour un club qui cherche à équilibrer ses comptes avant la deadline du fair-play financier. L'OM pourrait récupérer pratiquement la totalité de l'investissement initial de 2022, tout en se libérant d'une masse salariale conséquente. Aguerd touche environ 100 000 euros par mois, selon nos informations. Sur trois ou quatre ans restants, ça représente une enveloppe budgétaire que De Zerbi préfère allouer ailleurs.
Surtout, le départ d'Aguerd permet à l'OM d'accélérer sur d'autres priorités. Longoria peaufine actuellement l'arrivée de deux latéraux et cherche à renforcer le milieu. Chaque départ inutile est une ressource redéployée vers des zones jugées plus critiques. Aguerd ne rentre pas dans le schéma tactique du nouvel entraîneur. Point.
Un été mouvementé qui n'est qu'à son début
L'intérêt d'Al-Sadd ne signifie pas que le deal se fera. D'autres clubs européens pourraient pointer le nez, notamment en Italie ou en Espagne, où la défense de haut niveau reste une denrée rare. Aguerd posséderait aussi un bon réseau dans la péninsule ibérique. Mais franchement, peu d'écuries en Europe rechercheront activement un défenseur marocain de 27 ans récemment miné par les pépins physiques.
L'été marseillais s'annonce donc comme une période de chasse d'eau. Les départs faciles seront exploités pour alimenter la caisse et faire de place. Aguerd en est le symbole parfait : un joueur de qualité réelle, mais détaché du projet à venir. Al-Sadd a au moins le mérite de clarifier les priorités. Si d'ici fin juin aucune offre probante n'arrive, on verra comment De Zerbi gérera la situation. Mais secrètement, tout le monde espère que quelqu'un prendra ce 15 millions d'euros et ce défenseur de côté.