L'ancien capitaine du Barça pliera bagage en Lombardie. Six mois ont suffi pour confirmer que l'aventure italienne était une impasse.
Six mois. C'est le temps qu'il aura fallu à Sergi Roberto pour comprendre que Côme n'était pas le refuge idéal pour relancer sa carrière. Le défenseur catalan, qui avait signé à l'été 2024 dans le club lombard porté par les ambitions de Kobe Bryant et de son père, va ranger ses valises. L'histoire d'amour entre le héros de la remontada du PSG et Como 1907 s'achève avant même d'avoir vraiment commencé. Et ce n'est pas un détail : c'est l'aveu que le projet était mal ficelé dès le départ.
Quand le prestige du passé ne suffit plus
Roberto débarquait à Côme auréolé de son statut de légende du FC Barcelone, celui qui avait hurlé de joie en 2017 quand Sergi Busquets inscrivait le but de la folie contre Paris. Dix-huit ans au club blaugrana, 41 sélections avec l'Espagne, un profil qui semblait taillé pour apporter de la stabilité et de l'expérience à une formation aspirant à l'élite italienne. Sur le papier, c'était un coup marketing de génie : associer un nom prestigieux au projet ambitieux des Bryant.
Sauf qu'à 36 ans, Sergi Roberto n'était plus qu'une coque vide de prestige. Son physique avait souffert des années barcelonaises, ses genoux n'étaient plus des puits de jeunesse, et surtout, il arrivait dans une Série A impitoyable après avoir passé sa carrière en Espagne. Le contraste était trop brutal. Côme lutte désormais pour maintenir son statut en Serie A après une accession historique, et il n'avait pas besoin d'un arrière latéral en déclin — même illustre — pour y parvenir. Il lui fallait de la mobilité, de la vitesse, des jambes fraîches. Des jambes que Roberto ne possédait plus.
L'arrivée du défenseur catalan symbolisait aussi une certaine déconnexion entre les ambitions affichées et la réalité sportive. Qui décide encore de recruter des joueurs quadragénaires quand on joue la survie en Serie A? Quelqu'un qui confond gloire passée et plus-value présente. Roberto ne pouvait que constater l'inadéquation du projet dès les premiers entraînements. Huit matchs de Serie A joués en tant que titulaire sur une vingtaine de rencontres disputées: ces chiffres parlent d'eux-mêmes. L'intégration n'a jamais eu lieu.
Et maintenant, où pour le Barça de la grande époque?
Le départ de Roberto de Côme ne sera qu'une parenthèse, une anomalie dans son CV. Pour lui, il s'agit de prendre une porte de sortie avec dignité, avant que la situation ne s'enlise davantage. Quelques options européennes peuvent encore s'ouvrir — un club de deuxième division italienne, peut-être un projet en Turquie ou aux Émirats, ces destinations de consolation pour les légendes en quête d'une dernière chance. Ou l'arrêt pur et simple, si son amour-propre tient bon.
Mais au-delà de Roberto, c'est surtout Côme qui sort affaibli de cette aventure. Le club lombard s'était imaginé en acheterant un profil de standing que cela compenserait des faiblesses tactiques et athlétiques. Le calcul était faux. Le projet des Bryant montrait déjà ses premiers craquements: arrivée précipitée en Serie A après une saison folle en Serie B, intégration sportive chaotique, gestion opérationnelle questionnée. Roberto n'était que le miroir de cette improvisation.
Les véritables enjeux pour Côme se nouent ailleurs: avec Atalanta et la Fiorentina qui montent en puissance, avec la Juventus qui redevient dense, le maintien s'annonce acrobatique. Des joueurs comme Sergi Roberto ne remontent jamais le bateau quand la structure pencherait déjà dangereusement. Il aurait fallu des renforts offensifs, une stabilité défensive interne, pas un sexagénaire en puissance résiduelle. Le calcul de monter en épingle une signature prestigieuse plutôt que de construire intelligemment s'avère une fois de plus stérile.
- 8 matchs de titularisation en Serie A pour Roberto depuis juillet 2024
- 36 ans: l'âge de l'ancien capitaine barcelonais au moment de son arrivée en Lombardie
- 1 but marqué par Côme contre le PSG en 2017, celui que Roberto célébre comme légende éternelle
- Une moyenne d'environ 60 minutes par rencontre: le temps moyen d'un joueur de rotation, pas d'une pièce maîtresse
Roberto quitte Côme sans gloire, mais sans déshonneur non plus. Il restera surtout le symbole d'une ambition sans stratégie, d'un projet gonflé par l'argent mais vidé de sa substance sportive. Pour lui, il y a une vie après. Pour Côme, la question devient ailleurs: comment redresser un navire qui prend l'eau, maintenant que les pansements de luxe s'avèrent être du toc?