Au Stade de France, le RC Lens a écrit sa plus belle page d'histoire en dominant l'OGC Nice 3-1 en finale. La première Coupe de la région est arrivée.
Au Stade de France, sous un soleil de plomb, le RC Lens a enfin soulevé le trophée qui manquait à son armoire. Trois à un face à Nice, et voilà une première Coupe de France inscrite à jamais dans les annales lensois. Pas une qualification en Ligue Europa. Pas une belle saison en D2. Non : un vrai sacre, le premier du genre depuis la création du club en 1906. Cent dix-huit ans qu'on attendait ça dans le Nord-Pas-de-Calais.
Féria de buts et domination sans appel
Le spectacle a été à la hauteur de l'enjeu. Les Sang et Or ont écrasé les Aiglons dès l'entame, imposant un pressing étouffant que Franck Haise avait martelé toute la semaine. Nice a tenté de jouer, timidement, mais s'est vite retrouvé submergé. À la 20e minute, Seko Fofana a ouvert le score sur une action collective fluide. Le ton était donné. L'OGC Nice, pourtant en forme en fin de saison régulière avec 14 matchs sans défaite avant cette finale, n'a pas trouvé les ressources pour rivaliser.
Lens s'est montré tranchant, précis, implacable. Des passes qui trouvent les bons espaces, des décalages qui déchirent la défense niçoise, un rythme que les hommes de Lucien Favre n'ont pu suivre. Jonathan Clauss a doublé la mise juste avant la pause, propulsant Lens vers un premier acte quasi sans suspense. Les images des supporters lensois dans les tribunes du Stade de France témoignaient déjà de l'euphorie : ce trophée, on ne l'attendait plus.
Après la pause, Nice a galvanisé ses troupes. Hicham Mascarau a réduit le score, réveillant brièvement les Aiglons. Mais Lens, discipline et maturité, a maîtrisé le retour de flamme. Wuilker Farinez a scellé le destin en troisième acte, enfonçant définitivement le clou. 3-1, rien que de très normal pour le favori, rien que de très mérité pour le plus constant durant tout le tournoi.
Une saison d'exception couronnée enfin
Mais cette finale, c'est d'abord l'aboutissement d'un exercice complètement dingue côté lensois. Avoir terminé deuxième de Ligue 1 cette année-là, derrière le géant parisien, puis remporter la Coupe : c'est la trajectoire d'un club en train de basculer. Franck Haise a transformé le RC Lens en machine de haut niveau. On parle d'un effectif surperfectionniste, de transitions rapides, d'une solidité défensive retrouvée et d'une attaque tranchante.
Les chiffres résument mieux qu'un long discours : 62 buts inscrits en Ligue 1 cette saison-là, et une Coupe de France remportée sans trembler ou presque. Fofana, Clauss, David, Kalimuendo, tous ces noms qu'on voyait arriver du centre de formation il y a quelques années sont devenus des joueurs d'élite. La stabilité en attaque, l'imagination au milieu, la solidarité défensive : tout était là. Tout était propre.
Haise, lui, a du avoir les larmes aux yeux en levant le trophée. L'homme n'est pas un débordant de paroles, il laisse parler le ballon. Et le ballon, samedi, a parlé fort pour Lens. Quatre-vingt-dix minutes de football offensif, de contrôle, de certitude. C'est rare dans une finale. C'est rare et c'est beau.
Europe garantie et perspectives neuves
Maintenant, la vraie question se pose : comment Lens va absorber ce succès ? La Ligue Europa attend, et avec elle, d'autres défis, d'autres calendriers gavés de matchs. Les gros clubs français partent avec des avantages certains. Lens non. Lens devra construire son année sur une institution qui n'a jamais joué à ce niveau.
Il y aura aussi les départs inévitables. Des clubs de haut niveau vont chercher à piocher dans l'effectif lensois. Clauss courtisé par les meilleures écuries d'Europe ? Normal. Fofana évalué à 50 millions ? Prévisible. Kalimuendo draîné par un géant ? Cela arrivera tôt ou tard. Haise et Stéphane Badey, le président, devront naviguer entre ambitions continentales et préservation d'une base stable. Un équilibre fragile.
Mais ce dimanche-là, au Stade de France, personne ne pense à demain. Juste au moment. Juste à cette première Coupe de France qui légitime une décennie de travail, un projet de transformation patient. Lens n'est plus une belle histoire, c'est un prétendant. Et pour les murs de Bollaert, les drapeaux Sang et Or qui flottent aux quatre coins du Nord, cette Coupe, c'est un peu l'histoire du football français qui change de lecture.