Après avoir perdu la finale de Coupe de France face à Lens, l'OGC Nice affronte Saint-Etienne aux barrages. Un club fragilisé qui joue son maintien en Ligue 1.
La main de Frankie Sérrano tremblait peut-être quand il a serré les poings après le sifflet final à Bordeaux. Un an plus tôt, Nice rêvait encore d'Europe. Hier soir, le club azuréen venait de perdre 3-1 en finale de Coupe de France contre le RC Lens. Pas même une consolation avant d'affronter Saint-Etienne aux barrages du maintien. Voilà où en est l'OGC Nice : des poubelles après le feu d'artifice.
Quand une saison bascule aussi vite, ce n'est jamais un accident météorologique. C'est une accumulation de failles, de choix discutables, de joueurs qui ne jouent plus au même niveau. Nice a encaissé 65 buts en 34 journées cette saison. Soixante-cinq. Pour une équipe qui avait terminé sixième l'année précédente, le contraste est vertigineux. La défense, supposément l'ossature de l'OGC, s'est désagrégée comme un château de cartes touché par le vent.
Qu'est-ce qui a explosé à Nice depuis l'été dernier ?
Aucune grande révolution n'a eu lieu cet été dans les esprits, mais le départ de Christophe Galtier a laissé un vide colossal. Francesco Farioli a hérité d'une maison en flammes. Le technicien italien, un homme de rigueur et de tactique, n'a pas réussi à éteindre l'incendie. Les chiffres parlent : treize défaites en trente-quatre matchs, un bilan offensif correct mais une fragilité chronique à l'arrière qui a gâché tous les efforts.
L'arrivée de Sofiane Diop, Matz Sels ou Jérémie Boga devait apporter du poids. Au lieu de ça, les recrues ont eu du mal à s'intégrer dans un projet devenu flou. Les blessures de Khephren Thuram ont également pesé. Et puis il y a eu ces moments où le collectif s'est perdu, où le groupe a donné l'impression d'avoir baissé les bras avant même que les maths ne les condamnent.
Farioli a géré une transition impossible. Certains joueurs n'étaient plus là mentalement. D'autres cherchaient déjà la porte de sortie. À Nice, quand tout s'effondre, cela s'effondre vite. Très vite.
Comment Nice peut-il survivre face à l'ASSE au barrage ?
Saint-Etienne arrive affaibli, lui aussi. Le club du Forez termine dix-huitième de Ligue 2. Mais c'est justement le danger : une équipe de Ligue 2 qui a faim, une institution qui ne veut pas rester en deuxième division, une structure qui, malgré les turbulences, a conservé une forme de stabilité. Nice, lui, navigue en eaux troubles.
Le match aller aura lieu à Geoffroy-Guérin, temple de l'ASSE où la pression peut devenir asphyxiante. Le retour se jouera à l'Allianz Riviera, mais à quoi bon un avantage du terrain quand on n'a plus confiance en soi ? Les gars de Farioli devront retrouver une solidité défensive que personne n'a vue depuis des semaines. Ils devront aussi produire du jeu, ne pas se contenter de gérer.
Saint-Etienne compte sur l'expérience d'Olivier Dall'Oglio, un coach qui connaît les enjeux de ces matchs de vie ou de mort. Nice, lui, compte sur quoi au juste ? Sur la réaction d'orgueil ? Elle devrait arriver, mais c'est fragile, l'orgueil, quand on vient de perdre une finale.
Quel avenir pour Nice après ce cauchemar ?
Si Nice descend, ce sera un séisme. Pas pour les finances du club — Ineos saura gérer — mais pour l'image. Un club qui jouait les Coupes d'Europe il y a vingt mois, revenu en Ligue 2. C'est brutal. Cela pose aussi des questions existentielles sur la direction sportive, sur les arbitrages fait par le président Jean-Pierre Rivère.
Maintien ou descente, une reconstruction est inévitable. Farioli repartira-t-il de zéro ou sera-t-il remercié ? Les joueurs majeurs vont-ils rester ? Boga, Sels, Thuram voudront jouer en Ligue 1. Si c'est en L2, certains dossiers se verront éclairés soudain par des offres venues d'ailleurs. Le marché des transferts estival ressemblera à un braderie.
Ce qui est sûr, c'est que Nice va jouer deux des matchs les plus importants de son histoire récente contre Saint-Etienne. Pas de demi-teinte, pas de troisième acte. Le vainqueur continue, le perdant descend. Voilà la réalité crue des barrages. Après une saison comme celle-ci, après une finale perdue en prime, les gars de la Côte d'Azur doivent trouver une ressource qu'on n'a pas vue pendant neuf mois. C'est possible. C'est même nécessaire. Mais franchement, personne ne parierait sa maison là-dessus.