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Gueye explose après le chaos sénégalais face à la Belgique

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Idrissa Gana Gueye ne décolère pas. Le milieu de terrain du Sénégal revient sur l'effondrement face aux Belges (3-2) qui a coûté cher aux Lions de la Téranga.

Gueye explose après le chaos sénégalais face à la Belgique

La rage, c'est souvent après que ça sort. Idrissa Gana Gueye n'a pas attendu longtemps pour vider son sac. Le joueur d'Everton était encore dans les vapeurs de la débâcle sénégalaise quand il s'est présenté devant les micros, hier soir, après le revers 3 à 2 face à la Belgique. Deux buts d'avance. Deux buts balancés à la poubelle. Voilà ce qui rend furieux un professionnel qui ne supporte pas de se saborder lui-même.

Une montagne russe intenable

Pendant quarante-cinq minutes, le Sénégal a cru au miracle. Les Lions de la Téranga menaient 2 à 0 et contrôlaient leur match contre une Belgique en crise, à la recherche de résultats depuis des mois. Le scénario était là, écrit d'avance : une victoire en déplacement qui aurait marqué les esprits, une performance collective qui aurait vengé les désillusions précédentes. Mais le football, c'est justement quand on croit tenir la partie qu'on se la fait voler.

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Gueye et ses partenaires ont connu un second acte catastrophique. La Belgique a bascule le match en invertissant complètement sa copie. Trois buts en moins d'une heure. Pas trois buts chanceux, trois buts qui ressemblaient à de vraies occasions gâchées, à une défense qui s'endort, à une équipe qui ne sait plus où elle va. Pour quelqu'un comme Gueye, milieu défensif au tempérament combatif, c'est un poison. Il faut dire que sa franchise habituelle a cédé la place à une inquiétude sincère quand les Belges ont égalisé puis pris l'avantage.

Le joueur d'Everton a clairement évoqué cette incapacité à maintenir le cap. Pas de grandes théories, juste des faits : son équipe était meilleure en première mi-temps, elle a gâché ce qu'elle avait construit, et voilà. Cette volatilité est devenue la signature négative du Sénégal ces derniers mois. Des matches où on croit en faire une tête, puis d'autres où on s'évalue à la baisse sans raison logique. C'est usant pour un groupe.

Les fantômes d'une ambition fracassée

Il faut replacer ce match dans son contexte pour vraiment comprendre la tension de Gueye. Le Sénégal sort d'une Coupe d'Afrique des Nations décevante cet hiver, une compétition continentale où les attentes étaient maximales après la victoire de 2021. Le pays avait faim de revanche, de reconnaissance. Ces dernières sorties internationales, ce n'était pas assez : des matchs amicaux sans relief, une préparation chaotique, une incertitude sur l'identité tactique.

Face à la Belgique, c'était une chance de marquer un point symbolique. Les Diables Rouges naviguaient en eaux troubles après leurs déboires en Nations League et leurs résultats miteux en qualification pour le Mondial. Un Sénégal en forme aurait pu humilier l'adversaire. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé pendant une période. Mais perdre une avance de deux buts, c'est non seulement perdre des points : c'est perdre des certitudes, des convictions.

Gueye, qui en est à sa 88ème sélection, connaît la rengaine. Il a vu passer les cycles, les promesses non tenues, les retours à la case départ. Son agacement d'hier n'était pas celui d'un joueur anonyme mais celui d'un leader qui sait exactement ce que son équipe vaut sur le papier et ce qu'elle produit sur le terrain. L'écart entre les deux, c'est ça qui tue. C'est ça qui explique la durée de sa prise de parole et l'intensité de son ton.

L'interrogation qui pèse sur la suite

Le vrai dégât de cette affaire, c'est que le Sénégal ne peut plus se permettre ces faux pas avant les qualifications pour le Mondial 2026. Le calendrier international se resserre, les concurrents africains ne dorment pas — Égypte, Nigeria, Mali, Côte d'Ivoire font du bruit — et chaque match devient un enjeu majeur. Une victoire morale sur la Belgique aurait donné du carburant psychologique. Cette débâcle provoque l'inverse.

Aliou Cissé, le sélectionneur depuis 2015, devra reconstruire quelque chose malgré ce résultat. Ses choix seront scrutés à la loupe. Les joueurs comme Gueye, qui portent le maillot depuis des années, vont devoir tirer les conclusions de ce qui ne fonctionne pas. Est-ce une question tactique ? De concentration ? De motivation ? Toutes les réponses à la fois ?

Ce qui s'est dit hier soir sur le terrain du stade belge pourrait peser lourd sur la dynamique sénégalaise dans les semaines à venir. Gueye a mis des mots sur ce malaise : une équipe capable d'excellence et capable de catastrophe, prise en otage par son inconstance. C'est ça, son vrai problème. Le reste, c'est du spectacle.

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