Bien que son nom ait circulé après l'élimination précoce de l'Algérie à la Coupe du Monde 2026, Hervé Renard n'est pas une option pour la Fédération algérienne de football.
Les rumeurs allaient bon train. Dès que Vladimir Petkovic a vu ses plans s'écrouler face à la Suisse en seizièmes de finale de la Coupe du Monde 2026, les spéculations ont démarré. Et forcément, dans ce flot incessant de noms circulant autour de la sélection algérienne en quête d'un nouvel entraîneur, celui d'Hervé Renard s'est imposé avec une certaine logique. Ancien sélectionneur de la Côte d'Ivoire, champion d'Afrique en 2015, homme de dossiers complexes, le Français avait tout du candidat idéal sur le papier. Sauf que sur le papier ne suffit pas. La Fédération algérienne de football a rapidement fermé la porte. Renard n'est pas une piste envisagée, point final.
La débâcle de Pékin rompt le rêve
Comment en arrive-t-on là? Petkovic, le coach serbe aux mains duquel on avait placé tant d'espoirs, devait mener les Fennecs au bout. Au lieu de cela, c'est une sortie humiliante en 16es de finale qui scelle le destin. Deux buts encaissés contre la Suisse, zéro marqué. L'écart était cinglant. Après avoir dominé leur groupe qualificatif, les Algériens se sont écroulés quand il fallait livrer. Cet effondrement n'a rien à voir avec la malchance ou un jour sans. C'est un problème d'identité tactique, d'absence de leadership sur le terrain, de choix de composition qui ne tenaient pas debout.
Petkovic payait pour une gestion de groupe chaotique et des sélections déconcertantes. Combien de fois a-t-on vu des cadres importants sur le banc, des jeunes en quête de confiance jetés dans le grand bain sans préparation réelle? Les observateurs avertis le savaient depuis longtemps: cet entraîneur ne maîtrisait pas ses dossiers. Il ne connaissait pas ses joueurs, ou pire, il faisait semblant. Après cette cuisante défaite, les attentes explosées, la Fédération n'avait qu'un objectif: changer de cap radicalement.
Renard sur la liste des promesses non tenues
Voilà pourquoi le nom de Renard a surgi dans les conversations des salons de la FAF. L'homme a déjà remporté une Coupe d'Afrique des Nations. Il a de l'expérience en sélection, il connaît le continent, il a une réputation de bâtisseur. Sur le marché des entraîneurs disponibles, son profil semblait cocher les bonnes cases. Les journaux africains y ont allé de leurs spéculations, les réseaux sociaux se sont embrasés. Renard était présenté comme le sauveur potentiel, celui qui pourrait remettre de l'ordre dans la baraque algérienne.
Sauf que la FAF a décidé autrement, et c'est un signal clair envoyé au marché. Le projet Renard pour l'Algérie n'existe que dans les rues d'Alger, pas dans les bureaux de la fédération. Cela dit quelque chose de précis sur les priorités actuelles: la volonté de trouver un profil différent, peut-être plus jeune, plus disponible mentalement, ou simplement quelqu'un prêt à accepter les contraintes spécifiques du football algérien sans avoir déjà une vision figée du jeu.
Vers un redémarrage sans vedettariat
L'exclusion de Renard révèle aussi une certaine maturité dans la prise de décision. Plutôt que de chercher du prestige immédiat avec un nom qui resplendit, la fédération algérienne préfère construire une vraie stratégie. Les poids lourds du football mondial ne sont pas toujours les mieux adaptés aux réalités complexes du continent africain. Un Laurent Blanc, un Patrick Vieira ou un Renard apportent du prestige, certes, mais pas forcément cette connaissance viscérale qui permet de gérer un groupe de 23 joueurs aux ego parfois contradictoires.
Reste à savoir vers qui se tourner. Les candidatures crédibles ne manquent pas, mais trouver le bon profil relève du casse-tête. Les Algériens ont des joueurs de classe mondiale dans leurs rangs: Riyad Mahrez, Karim Benzema avant lui (mais c'est du passé), une génération montante qui demande du cadre tactique et émotionnel. Un nouvel entraîneur devra les connaître intimement, les respecter sans se faire écraser par eux. C'est un équilibre fragile que peu de tacticiens maîtrisent.
La route vers les quarts de finale des prochaines compétitions passera par un travail fondamental de reconstruction. Pas de raccourci, pas de vedette médiatique qui croiserait les bras en attendant des miracles. La FAF l'a compris en fermant la porte à Renard. C'est peut-être la plus sage des décisions qu'elle pouvait prendre. Maintenant, trouver qui franchira cette même porte sera infiniment plus compliqué.